Pour reprendre le commentaire de Christoff, je suis également photographe (pas de presse toutefois) et le débat sur le bourrelet de Sarko me paraît d’une naïveté étonnante. Aujourd’hui une image passe forcément par un logiciel de traitement et est donc transformée. Avec Photoshop la transformation devient aisée quand elle ne l’était pas avec l’argentique, mais elle existait déjà. Toutes les photos de mode sont retouchées depuis belle lurette alors que dire des journaux people qui vendent du rêve. Certains parmi vous pensaient-ils, sérieusement, que les couvertures de Paris Match étaient des images brutes de décoffrage ? Ces journaux vendent du rêve, des images de stars pour que le public puisse s’y identifier. Il est clair qu’il faut faire disparaître toute anomalie, tout ce qui peut sembler disgracieux. Créer des mythes de familles royales et de « puissants de ce monde » ne va pas de pair avec une verrue, une varice, un bourrelet. Le titre « Paris Match rend service à Sarko » est à la limite de la fausse information, tout simplement parce qu’à ce compte-là, Paris Match (et les autres) rend service à tous ceux qu’il expose dans ses colonnes, et depuis fort longtemps.
Une remarque pour finir. Il faut se méfier de la diabolisation qui peut facilement faire passer de l’image du bourreau à celle de victime. La campagne, parfois ridicule, menée contre W. Bush a eu le contraire de l’effet escompté. Gare à ne pas trop en faire. Le film de Michael Moore, Fahrenheit 911, prenait parfois des allures peu crédibles en voulant caricaturer de façon systématique et obstinée. La lutte contre les tendances politiques (et ceux qui les représentent) ne doit pas passer par le physique ou par des jugements à l’emporte pièces mais par d’autres idées. Cela garantit une certaine tenue dans les débats, sinon on risque vite le dérapage incontrôlé avec des relents de racisme et des conversations de comptoirs en fin de soirée.