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Commentaire de durail

sur Syndicats : chronique d'une mort annoncée


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durail 20 novembre 2007 21:57

Beaucoup de vrai dans cet article.

Toutefois, il y a plusieurs points à prendre en compte, et notamment certaines spécificités française. D’abord, la multiplicité des syndicats. Historiquement, quasiment à chaque fois que le monde syndical s’est trouvé confronté à un problème sérieux, un nouveau syndicat est né.

La généalogie des syndicats français est un arbre et tous descendent peu ou prou du même socle.

Ce morcellement fait qu’aujourd’hui, chacun a à coeur d’être LE syndicat. Il ne faut pas oublier que le financement, donc l’audience d’un syndicat repose sur les cotisations et aussi sur les résultats des élections professionnelles. Il y a donc un jeu politique au sens de réagir parfois non pas en fonction d’un gain pour le salarié, mais d’un gain pour l’organisation.

D’autre part, le syndicat est encore perçu par le patronat comme étant une gène plus qu’un interlocuteur. Le patronat français se contentant fort bien de syndicats multiples et divisés. Dès lors prôner un syndicalisme à l’allemande en France est extrèmement compliqué.

La plupart des réformes mises en place ces dernières années, notamment depuis la crise des années 80, ne sont pas des réformes d’amélioration de la condition des travailleurs mais, au mieux, de sauvegarde d’acquis antérieurs. Exceptés les 35 h (les accords devant être négociés avec un syndicat. Nous avons vu des patrons appeler les syndicats pour monter des sections dans leur boite afin de négocier ces accords ! il y a eu là une tentative de renforcement du syndicalisme qui n’a malheureusement pas eu de suites.)

Aujourd’hui, si des actions violentes comme le conflit actuel peuvent exister, cela relève de la faiblesse des syndicats français, pour toutes les raisons que je viens de dire.

Pour finir, cassons un peu l’image des syndicats allemands avec cette grève des conducteurs de trains, menée par un seul syndicat, si ce n’est par un seul homme, et qui fut d’autant plus dur que le syndicat corporatiste était peu puissant.


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