Exemples aussi médiocres que typiques de la société de culpabilisation permanente, décidée à ne rien assumer et prête à toutes les platitudes pour gagner un semblant de crédit, dans sa frousse de l’hostilité latente émanant de cultures différentes. L’exigence de repentance ou quand les bons sentiments servent de paillasson à la couardise.
Qu’y a-t-il derrière ces Français qui exigent de leur pays qu’il se repente de ses méfaits ? Qu’a donc a leur apporter cet agenouillement officiel qu’ils réclament ? L’harmonie et l’égalité entre les peuples, la fraternité, répondront-ils sournoisement. Certains iront même jusqu’à évoquer la notion de justice !
Mais au fait, qui va tirer un quelconque profit moral de ce genre d’expression ? Les peuples bafoués ? Sûrement, ça ira tout de suite mieux quand le président français se sera aplati pour prononcer les plus plates excuses de l’ensemble du pays. D’un coup, on se sentira davantage en harmonie, tiens. Ca va certainement faciliter le travail aux corps diplomatiques...
Alors dans ce cas, qui ? Personne. C’est une question de sentiment nationaliste de domination, au nom duquel ces excuses sont exigées de générations étrangères au système colonial. La caution qui y est apportée, en France, ne provient que de ceux qui dans leur médiocrité, ressentent cette peur diffuse des changements de l’Histoire, et de la possibilité d’une inversion des forces qu’ils perçoivent comme potentiellement défavorable pour eux. L’expression publique de regrets ne modifie pas l’Histoire et ses conséquences. Le petit-fils n’est pas le grand-père et n’entend pas payer les actes de son ancêtre, qu’ils fussent considérés comme bons ou mauvais.
L’Histoire retient que la France a colonisé de nombreux pays. L’évolution de la société mondiale a fait la preuve de l’iniquité du système colonial, désormais abandonné au profit de l’indépendance des contrées anciennement sous tutelle. La réconciliation est à ce titre importante au nom de l’entente entre les peuples. La repentance elle, implique le rejet en bloc des actes de conquête territoriale. Et ces actes, pour nocifs qu’ils purent être à plus d’un titre, sont aussi une part de la constitution d’une civilisation, d’une culture et de son histoire. Le développement des différentes civilisations repose aussi sur leur expansion.
Rejeter le tout implique donc davantage que de simples formules diplomatiques de circonstance pour satisfaire les susceptibilités des uns et la couardise des autres. Il s’agit d’une remise en question des fondements mêmes de la diversité, de la richesse culturelle d’un pays.
La réconciliation inclut dans sa signification, au nom de la réalité du passé, de l’avènement des générations du présent et des espoirs de l’avenir, les notions nécessaires à une progression commune et constructive. La repentance n’est tournée que vers le passé, réclame une considération tout à fait différente, ouvre la voie aux sanctions et ne possède pas les mêmes implications. En faire un prérequis ne traduit qu’une veulerie simpliste.