Si l’on entre dans des considérations mathématiques, on va être obligés de faire un peu technique.
Le biais dont nous constatons aujourd’hui les dégâts ne repose pas sur la notion d’infini, mais sur deux postulats faux : les volatilités suivent des lois normales et leurs corrélations sont mesurables. A un ou deux écarts-types, on peut effectivement modéliser par Gauss. Pour les événements rares, ce n’est plus du tout vrai. Et ces événements rares ne sont par définition pas très mesurables.
Je ne sais pas dans quelle mesure cela a déjà été étudié et publié, mais il y a probablement des variables globales d’aversion au risque, probablement liées à la quantité de crédit en circulation, qui influent simultanément sur toutes les anticipations à des moments particuliers, et réduisent à zéro l’utilité à long terme des matrices de corrélation.
Ca, c’était pour les maths. Sinon, sur le fond, je suis bien d’accord que l’on a créé un gigantesque casino qui ne sert à rien. L’impression d’utilité qu’il a donnée pendant un moment provenait tout simplement de la création monétaire. Si l’on accepte l’idée que l’on peut en moyenne placer à long terme au taux de croissance et pas plus, l’ingénierie financière ne sert pas à grand chose. Il est plus utile pour elle de faire croire le contraire pendant un certain temps, se goinfrer de primes, puis laisser la bulle éclater et les contribuables éponger.