Comme vous avez soigneusement parcouru mon billet avant de le commenter, vous n’avez pu manquer de remarquer qu’il n’y est pas fait mention des OGM... parce que, comme vous l’avez bien compris, ce n’est pas du tout le sujet, le sujet étant effectivement le statut juridique des entreprises et plus particulièrement des transnationales.
Il s’agit donc de dénoncer la quasi-immunité de fait dont bénéficient les salariés et actionnaires d’une transnationale par rapport aux dégats dont ils peuvent se rendre coupable dans l’exercice de leurs fonctins dans l’entreprise.
J’ai chois Monsanto comme exemple emblématique car il se trouve que les nuisances de cette entreprise au cours de son histoire sont connues (PCB, Agent Orange, Posilac... etc.). Mais j’avais l’embarras du choix : Metaleurop, par exemple, qui lève le camp d’un site qui a été profondément contaminé par les activités industrielles du groupe sans qu’aucun effort ne soit fait pour limiter ou réparer cette pollution ; ou Union Carbide, qui a fabriqué des produits toxiques au cœur d’une zone densément peuplée en rognant chaque cents sur la sécurité... jusqu’à la plus grande catastrophe industrielle de tous les temps. Devant l’ampleur de cette monstruosité qui n’avait rien d’un accident (grosse, grosse négligence en sécurité = assurance que ça pète) l’État indien a fini par inculper le PDG de Union Carbide de l’époque de Bhopal, mais ce mec s’est contenté de retourner vivre dans son pays, où il a coulé des jours heureux et tranquille dans sa villa de luxe, sans jamais être inquiété ou dire quoi que ce soit au sujet des 20 000 morts dont il est en partie responsable, sans compter les autres dizaines de milliers de gens qui restent estropiés, malades, ou qui naissent avec des malformations suite à la pollution du site, toujours pas décontaminé à cette heure !
Warren Anderson, PDG de Union Carbide en 1984, s’est éteint de sa belle mort l’année dernière après une bonne vie (très) confortable et bien remplie. Ni lui, ni aucun de ses lieutenants ou collaborateurs n’ont eu à répondre de la mort de tous ces gens... Ils n’ont jamais été inquiétés. Ils ont tous pu continuer à s’enrichir tranquillement et à jouir de leur citoyenneté.
Pour mémoire et à titre de comparaison, écouter de la musique téléchargée, ça peut aller jusqu’à 3 ans de taule et 300 000€ d’amende. Et si tu télécharges avec un pote et fait une compilation pour ta femme, c’est de la bande organisée, et le tarif augmente : 5 ans de prison et 500 000€ d’amende.
Du coup, je me pose des questions sur l’exemplarité d’un système judiciaire où il y a de telles distorsions de peine face à la gravité des délits...