Commentaire au post d’Adrian :
Il en va du libéralisme comme du socialisme. Pendant longtemps, les défenseurs de l’URSS ont expliqué que le socialisme était la fin de l’exploitation, l’enrichissement matériel et moral du peuple, la vraie démocratie, etc. Quelques mauvais esprits faisaient remarquer qu’il y avait loin de cette belle utopie au socialisme REEL, qui n’était guère reluisant. Je crois qu’on pourrait faire la même remarque en ce qui concerne le libéralisme. Les théories libérales sont sans doute très appétissantes, mais la réalité ne leur correspond jamais tout à fait. Le libéralisme économique à outrance ne s’accompagne pas nécessairement d’une libéralisation des institutions politiques, judiciaires, carcérales, policières ou militaires. On peut même penser, exemples à l’appui, que le libéralisme économique entraîne un accroissement des inégalités, qui elles-mêmes sont source d’instabilité sociale, qui engendre à son tour un durcissement de la répression policière et carcérale. Est-ce un hasard si Milton Fridman fut le conseiller économique de Pinochet ? Ou si les Etats-Unis sont champions du monde en matière d’incarcération ? Est-ce un hasard si, dans la France du XIXème siècle et du début du XXème siècle, les mouvements ouvriers étaient réprimés avec une grande férocité, y compris par des gouvernements républicains ?