Réponse à "Internaute"
Vous écrivez, Internaute :
La richesse des pays développés vient historiquement de l’accumulation de capital et de travail au fil des générations. Qu’il fut bien ou mal réparti au sein de nos sociétés est une autre histoire mais si aujourd’hui le commerce se développe rapidement grâce au TGV ou à l’avion, ce n’est pas du à l’exploitation des pauvres noirs en Afrique mais au travail acharné et mal rémunéré des générations qui nous ont précédé à commencer par les bûcherons qui, pour un salaire de misère, ont abattu des forêts à la main pour fabriquer des traverses de chemin de fer. Ce sont des siècles de courage et d’ingéniosité qui nous ont apporté l’héritage culturel et industriel qui nous permet aujourd’hui de bien vivre sans trop se fatiguer.
Mais ce que vous dites ne réfute absolument pas mon propos. Car :
1. Quand je parlais d’une répartition plus équitable des richesses, je ne pensais pas uniquement aux différences entre pays riches et pays pauvres. Au sein même des pays riches il y a des inégalités criantes, auxquelles il n’est pas impossible de remédier. La preuve, c’est que les pays où elles sont les plus réduites (au nord de l’Europe) ne sont pas forcément les plus pauvres. Il n’y a donc pas de fatalité. Et il ne s’agit pas, comme vous dites, de faire du Robin des Bois, et de "voler aux riches pour donner aux pauvres". Il s’agit seulement de redéfinir, de manière démocratique, ce qui appartient à chacun : cela n’a rien à voir avec le vol. D’ailleurs, comme vous le dites vous-mêmes, les richesses produites sont autant le fruit du travail que celui du capital. Il est donc légitime, me semble-t-il, qu’elles soient appropriées au moins autant par les travailleurs que par les détenteurs du capital. Après, tout est une question de rapport de forces : tant qu’on restera dans un régime capitaliste, la répartition des richesses sera toujours le résultat d’un compromis précaire entre ceux qui détiennent les capitaux et les salariés (mais aussi entre salariés, puisqu’ils sont loin d’être tous au même niveau).
2. L’"exploitation des pauvres noirs en Afrique" n’est pas une invention des Tiers-Mondistes. Elle a existé à l’ère coloniale, et elle se continue encore. Lisez, par exemple, L’envers de la dette, de François-Xavier Verschave (Editions Agone). Vous verrez comment Elf et d’autres multinationales des pays riches pillent le pétrole africain avec la complicité de dictateurs corrompus (et également corrupteurs). Bien entendu, cela ne signifie pas que toute richesse de l’Europe et des Etats-Unis proviennent de l’exploitation des pays pauvres. Mais cette dernière n’est pas à négliger.