Bof,
Le Vioxx° était davantage comparable à un antiinflammatoire qu’à l’aspirine, qui est un peu à part, et ces antiinflammatoires n’ont pas disparu ni été remplacés, ils sont même nombreux, même si effectivement les labos dans ce domaine comme dans d’autres ont tendance à vouloir faire prescrire les plus récents et les plus chers.
Les effets secondaires du Vioxx n’étaient pas totalement dissimulés, le problème est que la presse médicale est très majoritairement financée par la publicité… fortes similitudes avec la presse d’infos ! La revue Prescrire avait rapporté les inquiétudes de divers pays sur ce médicament.
Les laboratoires ne sont pas une source fiable et honnête d’information, c’est exact, malheureusement beaucoup de médecins pensent que oui. Ces grands groupe sont aussi subtils en influençage que les "spin doctors" de la politique américaine, ils savent cibler les spécialistes influents, les initiateurs de prescription (hôpital, conférenciers), financer des études et du matos à des services qui sont fauchés, financer des voyages à des congrès, financer des "études" de suivi des médicaments, etc, etc. , le lobbying est permanent et remarquablement efficace. Et en face, les pouvoirs publics sont faibles, fauchés (aucun moyen de financer des contre-éttudes), parfois lâches devant cette puissance et le chantage à l’emploi. Maintenant, cet influençage va se reporter au niveau européen : déjà, le vaccin ROR (Rougeole, oreillons, rubéole) vient de changer de nom pour MMR la même chose en anglais… Même la surveillance des médicaments risque d’être bientôt confiée aux labos (pharmacovigilance européenne).
Pour revenir à l’aspirine, peu de médicaments sont à la fois efficaces et complètement dépourvus d’effets econdaires, même l’aspirine ou le paracétamol (Doliprane, efferalgan et autres) ne sont pas sans danger dans certaines circonstances.
J’avais raté votre article à l’époque dont je rapporte la conclusion :
"Un médecin généraliste estimait récemment qu’il était destinataire de 100 kg de prospectus professionnels par an. La médecine est dopée à la pharmacie et, dans le peloton, honte à celui qui révélera le pot au roses ou cessera les attitudes complaisantes. En médecine de ville, le praticien qui refuse les ordonnances à rallonge se met à dos une partie de sa clientèle. Le Conseil de l’ordre veille à ce que la solidarité professionnelle et confraternelle ne soit pas entamée. Etc. Comment sortir de cette impasse où les gagnants sont ceux qui acceptent les plus grandes compromissions ? Cela ne sera pas plus facile que d’éliminer les dérives reconnues dans le cyclisme et ailleurs."
Vrai, mais il faut être juste : ça fait longtemps que le "pot aux roses" a été révélé, la Revue Prescrire (LRP) a été fondée par des médecins, des infirmières, des pharmaciens, des biologistes y participent, elle est payante et totalement sans publicité, et ça fait longtemps qu’elle a expliqué tous ces mécanismes de lobbying. elle a eu raison sur le Vioxx comme en de nombreuses occasions, et il faut préciser qu’elle ne donne pas une sorte d’avis personnel, mais une synthèse des données actuelles - dont celles que les labos cachent, à condition qu’elles aient été publiées, car les labos agissent aussi en amont en bloquant si possible des études défavorables, ou en les publiant avant la fin dès qu’elles sont favorables (ça s’est fait !).
Vous avez raison de parler des relations professionnelles, ça pose parfois des problèmes si un spécialiste recommande tel ou tel médicament contesté ou dont la palce n’est pas claire (actuellement les glitazones dans le diabète, les associations de médicaments dans l’asthme, etc.), comment contredire, puisque il est le spécialiste de ce sujet et qu’on a à juste titre demandé son avis ?