@ l’auteur
J’ai lu votre texte. Vous remarquerez très vite que nous avons des divergences.
Le capitaliste est l’agent économique qui dispose de capitaux.
Dans le détail, il (je pense aux capitaux) s’agit aussi bien de biens matériels et immatériels, mais ...
Avec cette définition, l’état est capitaliste. L’armée est aussi capitaliste. L’église est capitaliste. Chaque musée est capitaliste. Chaque propriétaire est capitaliste. Tout le monde est capitaliste. Il est impossible d’échapper à la nature de capitaliste. Cela m’éclaire sur l’idée que le capitalisme est l’état de nature. Cela m’éclaire sur l’origine de l’attitude fort hautaine de tous les défenseurs du capitalisme face à ceux qui le critiquent.
Parmi les nombreux moyens que le capitaliste a de tirer un revenu de ses capitaux, il y a celui qui consiste à les apporter à une entreprise pour le permettre de se développer, ..., créer des postes de travail et ... des emplois. C’est dans ce cas très précis que la société parle de capitaliste et ... capitalisme.
C’est un cas vraiment très particulier, accessoire, subordonné de ce que je connais de la réalité économique actuelle. Il se promène quelque chose comme 560 000 milliards de $ en papiers valeurs dans ce monde. Toute l’agitation actuelle porte sur une petite partie de ces papiers. Ce n’est qu’une partie de ces papiers qui provoquent ce qui est de plus en plus reconnu comme une crise grave. Ce dont vous parlez n’est qu’une toute petite fraction de la valeur de 560 000 milliards de $, vraiment petite. J’en déduis, selon vos termes, que le capitalisme n’est pas du tout actif dans ce monde ou que vous ne parlez absolument pas du monde dans lequel nous vivons. Dans les deux cas, nous vivons dans un monde différent.
La suite souligne votre définition de capitaliste.
Le bourgeois ou l’Etat ? Illustre l’inéluctabilité du capitalisme. Selon votre définition du capitaliste, il est parfaitement insensé d’être anticapitaliste. C’est évident. J’ajoute qui si le capitalisme c’est ça, je suis pour. J’ai 560 000 milliards de raisons de penser que c’est faux. J’en ai beaucoup moins pour penser que vous avez raison.
Anticapitalisme, comment ce modèle fonctionne sans capitaux ?
... comment ... le capitalisme d’Etat, fait pour ... disposer des capitaux... ?
En imprimant la monnaie à hauteur des travaux d’intérêt public exécutés par l’Etat. Ce n’est qu’une possibilité. Je parie qu’il y en a d’autres, beaucoup d’autres.
L’exemple de Cuba est mauvais. Ce pays est soumis à un embargo depuis un demi siècle. Il est quand même arrivé à avoir une protection civile, un système de santé, une éducation vraiment digne de ce nome. Comparé à Haïti, un pays proche, il fait bon vivre à Cuba.
Votre perception de l’absurdité de l’anticapitalisme est dépendante de votre vision du capitalisme. Dans votre vision, s’opposer au capitalisme c’est absurde. S’il était ce que vous croyez, ce serait absurde. Malheureusement, ce que vous croyez ne recouvre qu’un à-côté très secondaire de ce que je comprends par capitalisme. Ce que vous croyez dépend totalement de ces 560 000 milliards $ et de toute l’industrie qui va avec. Je perçois cette dernière comme une prédatrice qui utilise votre foi dans le capitalisme pour devenir plus grosse encore. C’est un arrêt dans sa croissance qui a provoqué la crise qui occupe les esprits.
Sans profit, les capitaux doivent forcément tomber du ciel.
Si les profits d’investissements étaient vraiment la seule source de bénéfices du capitaliste, les bourses seraient des endroits très calmes, tranquilles. Le métier de trader serait une occupation tellement pépère qu’elle serait perçue plus calme et plus sûre que celle de fonctionnaire. Que celui qui a investi dans une entreprise participe aux bénéfices me semble normal, juste, naturel. Si cela était la règle, nous vivrions dans un monde vraiment différent.
La question de Marx et Engels m’apparaiît singulièrement sans le moindre intérêt. Je passe. Je suis d’accord. Leur modèle s’est effondré.
Je note que, selon vous, ils ne sortent pas de votre vision du capitalisme. Il reste votre modèle. Je crois qu’il correspond, au mieux, à un idéal non réalisé.
L’ignorance des peuples est-elle une raison suffisante ?
L’idée que le modèle capitaliste est désiré par tous les peuples libres et que ce modèle est démocratique est discutable à plus d’un titre. Par exemple, la Chine n’est pas démocratique et capitaliste. La démocratie est une denrée si rare sur terre, que la liaison peuple libre et capitalisme n’est pas du tout établie. La démocratie (le peuple intervient dans la gestion publique) n’a aucun rapport avec l’évolution des cours boursiers. Les marchés du sexe, de la drogue et des armes sont des marchés totalement capitalistes selon votre définition. Ces marchés n’ont aucun rapport avec la démocratie. Votre idée du lien entre capitalisme et démocratie est discutable.
Votre idée que le capitalisme s’adaptera et se régulera est aussi discutable. Les règlements viennent de la réaction politique aux crises du capitalisme. Quand la crise est passée, ces règlements sont vécus comme des aberrations, des limites au bon fonctionnement du capitalisme et c’est reparti pour un tour. Votre idée marque votre foi dans le capitalisme. Vous y croyez comme le Pape croit en Dieu.
Vous n’êtes pas clair. Que vient faire ici "l’ignorance des peuples est une raison suffisante" ? Je ne vois pas.
Vous êtes aussi assez drôle. Votre définition du capitalisme laisse de côté le phénomène de Wall Street, de la City et autres places boursières. Elle laisse de côté toute l’industrie financière. Elle laisse de la place aux concepts de néolibéralisme, d’ultralibéralisme, etc.. J’admets qu’ils ne sont pas clairs. Par contre, ils désignent une réalité qui est invisible à votre vision du capitalisme.
En résumé, votre texte est instructif. Il me rappelle un idéal. Ce dernier pourrait être un but en soi et implique l’anéantissement de l’industrie financière au sens actuel du terme. Cet idéal implique une subordination de l’industrie de la finance à l’évolution des hommes. Cet idéal est dans quelques esprits et je mesure sa réalité au rapport de la valeur manipulée par l’industrie financière avec celle de l’économie des biens et des services. Ce rapport donne combien votre idéal est réalisé. C’est petit, assez petit pour faire figure de quantité négligeable par rapport à l’affirmation que le capitalisme est représenté par l’industrie financière, l’objet de mon problème avec le capitalisme.