@San Kukai
"C’est-à-dire qu’Alceste se considère homme de bien face à la société humaine et, fût-il le dernier, il sera celui-là"
Quelle que soit le rejet de la société humaine par Alceste, il s’agit bien d’un rejet d’un groupe dont il fait partie.
Cela étant dit, je parlais de la misanthropie en générale - et pas seulement de celle de la pièce.
"À mon sens, il s’agit avant tout d’une idéologie qui critique, voire s’oppose, à l’idéologie sioniste, laquelle est prônée par certains Juifs (on a même évoqué plus haut les idéologies sionistes). Elle n’est en rien antisémite dès lors qu’elle s’en tient à la critique historique et politique."
En théorie, et au niveau purement semantique vous avez parfaitement raison.
On ne peut toutefois pas décrire une opposition politique en faisant abstraction du contenu de ce à quoi on s’oppose.
Par exemple, en ce jour de Martin Luther King Day, on pourrait considérer que le Mouvement des Droits Civiques était une idéologie politique et que l’opposition à ce mouvement relèverait d’une opposition politique et non raciste. Mais ce serait faire abstraction du contenu du mouvement qui luttait pour l’égalité entre Blancs et Noirs et l’abolition de la ségrégation. L’opposition - même politique - à ce mouvement revient donc à prôner la discrimination envers les Noirs, et est donc bien une expression raciste.
De même, le sionisme étant uniquement la revendication du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur la terre de leurs ancêtre pour le peuple Juif, l’opposition à ce mouvement consiste à affirmer que les Juifs - et spécifiquement eux - devraient être condamnés à être éternellement soumis et dépendants. C’est en ce sens que - même politique - l’opposition à l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif (indépendamment de la politique de tel ou tel gouvernement) est bien une forme d’antisémitisme.