Le plus triste dans tout ça de lire des bétises pareils en commentaire.
La rationalité ne dit rien de ce qui l’intéret des gens : c’est eux, et eux seulement, qui peuvent savoir. La rationnalité ne s’applique qu’aux moyens, pas aux buts. Si le but c’est de rien foutre eu soleil, c’est un but parfaitement respectable et y’a pas besoin d’état. Idem si le but c’est de fonder une association au fonctionnement communiste (et je vois bien le genre de satisfaction morale que ça procure, même si la pauvreté est au rendez-vous). Si le but c’est de racketter les voisins, faire appel à l’état est efficace et rationnel.
Ceux qui ne veulent pas du libéralisme seraient des idiots ? Non, pas des idiots. Se faire payer la crèche, l’éducation, le logement, les soins et la retraite, etc. sans rien foutre, n’est pas idiot ; demander, exiger que l’état élimine les concurrents, réprime les syndicats ouvriers, ou démantèle les cartels patronaux, lui demander de collecter son salaire sans avoir à s’abaisser à le négocier et sans avoir besoin de courrir après le débiteur, n’est pas idiot. Vouloir vivre au crochet de la princesse n’est pas idiot. Et après moi le déluge, et un tiens vaut mieux que deux tu l’auras...
Les anti-libéraux ne sont pas idiots. Immoraux ou criminels peut-être (pas sympa pour la « princesse », en tout cas), à courte vue certainement (la « princesse » ne va pas payer éternellement, et puis faudra faire de la place à d’autres profiteurs qui, eux-aussi, voudront leur part...), mais idiots, non.
La doxa libérale, c’est qu’il faut chercher et défendre l’état de droit, situation ou tout le monde a les même droits respectant les droit de l’Homme (liberté, égalté, propriété, sureté). Pour ça, l’état est malheureusement nécessaire, et ça n’est pas une contradition.
Religion ? pas faux. Le libéralisme est un désarmement social, les ultra-libéraux (« anar-cap ») sont carrément des pacifistes sociaux qui veulent supprimer toute intervention des institutions politiques dans les relations humaines. Utopique, mais pas plus que les totalitaires qui rèvent d’une économie exclusivement politique. Et entre l’impossible 0% des premiers et l’horrible 100% des autres, y’a notre 55% en valeur... et le sens qu’on veut donner à l’évolution de ce chiffre.