@ Mr Christian Vanneste,
Félicitations
pour votre prise de position lucide et courageuse qui, espérons-le,
saura convaincre le plus grand nombre possible de vos collègues
de la majorité d’ici le 28/4 prochain (enfin : ceux qui ont un
minimum de pratique de l’outil informatique et de ses arcanes
!!!)
Cependant, soyons pragmatiques : je pense qu’il faudrait
éviter d’humilier les partisans de ce projet (avec à leur tête le
Président et ses amis producteurs/auteurs/distributeurs carrément
obsolètes ) en leur proposant de mettre dès que possible à l’étude
d’autres propositions sensées pour adapter le respect du droit
d’auteur et de la propriété intellectuelle à la révolution
numérique.
La nature a horreur du vide et sans
véritables propositions notre Président risquera de s’enfermer dans
une attitude psycho-rigide qui pourrait être préjudiciable au plus
grand nombre.
Il faut donc aider les partisans
d’Hadopi à enterrer dignement leur bébé en les guidant vers
d’autres alternatives.
En voici une qui me paraît crédible
et digne d’être examinée avec attention : le mécénat global.
http://mecenat-global.org/index-fr.html
En voici une autre dont la France
pourrait être l’initiatrice et que je soumets humblement à votre
esprit critique (et à celui de toutes les bonnes volontés) : un
projet de Déclaration Citoyenne Universelle de la Nouvelle Ere
Numérique.
DÉCLARATION
CITOYENNE UNIVERSELLE DE LA NOUVELLE ÈRE
NUMERIQUE (projet)
Article
1 : L’Internet est un moyen de services, de connaissances et de
loisirs universels. Par conséquent son accès et son usage sont
reconnus comme étant un droit fondamental.
Article 2 :
L’accès à Internet et son usage sont déclarés comme
fondamentalement libres.
Article 3 : Les États signataires
s’engagent à ne pratiquer aucune censure d’ordre politique,
religieux ou culturel qui pourrait empêcher ou limiter son accès et
son usage en partie ou en totalité.
Article
4 : Les abus de liberté de l’usage d’Internet (pédophilie,
incitation à la haine raciale, criminalité organisée, terrorisme
...) seront sanctionnés par les lois propres aux états
signataires.
Article 5 : Tout en avalisant et en encourageant
le principe de la libre concurrence entre les différents FAI actuels
, la Déclaration vise à la gratuité d’accès comme objectif
ultime.
Article 6 : Dans la perspective de cet objectif
ultime, les citoyens Internautes réclament la constitution de
Services d’Accès Citoyens pour permettre le plus large accès de
tous à l’Internet.
Article 7 : Des sociétés anonymes ou
mutuelles d’intérêt public à but non lucratif financées par des
dons, des recettes d’évènements divers (concerts etc...) et
éventuellement des subventions étatiques ne dépassant pas 20 %
devront permettre cet accès à des tarifs extrêmement bas.
Article
8 : Ces sociétés seront en concurrence directe avec les FAI
traditionnels à la recherche légitime de profits.
Article
n° 9 : L’Internet est un moyen de services, de connaissances et de
loisirs universels.
Par
conséquent, les notions et les actes de partage, d’échanges et de
téléchargements de contenus numériques sont déclarés comme étant
consubstantiels à la nouvelle ère numérique.
Article
n° 10 : Au titre de l’article 9, le Peer To Peer est reconnu
d’intérêt public et collectif.
Sauf à devoir répondre devant
la loi des états d’abus possibles de cette liberté tels que
mentionnés à l’article 4, aucun Internaute, aucun site, aucun
hébergeur de site de la planète ne peut , par principe, et a priori
être déclaré « pirate » et sanctionné à ce
titre.
Article n° 11 : Aucune
instance autre que judiciaire officielle d’un état
ne peut être amenée à prononcer une sanction à l’encontre d’un
internaute, d’un site ou hébergeur de site qui aurait contrevenu aux
limites à respecter dans l’usage de liberté, limites prévues à
l’article 4.
Article n° 12 : La présente Déclaration
reconnaît dans le droit d’auteur et de propriété intellectuelle
un acquis universel à défendre et protéger mais devant
trouver de nouvelles adaptations propres à l’ère numérique.
Article
n° 13 : Un comité international de citoyens internautes, d’auteurs,
d’éditeurs et de compagnies de disques élaborent et proposent ces
nouvelles adapatations.
Article n° 14 : La
présente Déclaration encourage une saine concurrence entre les
logiciels propriétaires et proclame solennellement illégal
l’exercice de tout monopole commercial et éditorial dans ce
domaine.
Article
n° 15 : La
présente Déclaration proclame solennellement d’intérêt public et
collectif l’existence et l’usage des logiciels libres qui n’entrent
pas en concurrence avec les logiciels propriétaires mais constituent
une alternative libre à ces derniers.
Article
n° 16 : La présente Déclaration condamne solennellement le
principe de la vente liée. Tout citoyen, consommateur et usager de
ces logiciels doit être clairement informé de multiples
possibilités de choix au moment de l’achat de tout dispositif
informatique : ainsi, tout ordinateur vendu dans le commerce pourra
être proposé, par principe, sous forme de plate-forme basique sans
aucun système pré-installé.
Ou
tout système pré-installé ne pourra être proposé à la vente
sans la présence à ses côtés d’autres systèmes propriétaires
concurrents ou alternatifs libres, par principe non concurrents.
Article
n° 17 : Le monde virtuel est consubstantiel à la révolution
numérique.
Tout
en accompagnant son exploration infinie, la présente Déclaration ne
l’exonère pas des liens qu’il entretient avec le monde réel, ses
lois déjà établies et celles à venir.
Tout
internaute majeur, tout concepteur et éditeur de logiciel à
contenus numériques engage une responsabilité nouvelle à ce titre.
Article
n° 18 : Un Comité de Réflexion International du Virtuel, composé
de citoyens internautes et d’experts est désigné pour débattre des
spécificités du monde virtuel et de ses implications sur le monde
réel.
Le
CRIV propose aux états signataires de nouvelles dispositions
juridiques à transposer dans leur droit propre.
Article
n° 19 : Le respect de l’anonymat mais aussi le besoin de
reconnaissance publique sont conjointement garantis sur Internet.
Toute
utilisation de données à caractère confidentiel sans accord
explicite de l’Internaute usager est illicite et sanctionné par la
loi de l’état signataire.
Article
n° 20 : Tous les état signataires de la présente Déclaration
s’engagent à en respecter l’esprit et la lettre en l’adaptant à
leurs juridictions nationales respectives.
En attendant, bon week-end pascal à vous et bonne route à votre initiative pleine de bon sens !
Cordialement