Le malaise des banlieues ne date pas d’ il y a 4 ans, mais il a commencé sensiblement quand on les a crées dans les années 60
Il n’a sur la période jamais été une vrai préoccupation pour qui que ce soit, et quels que soient les gouvernements.
Depuis 30 ans, on dépense en moyenne 300 millions par ans pour la politique de la ville (8 millions de personnes concernées de mémoire : « les pauvres ») soit un tiers du budget global du budget d’indemnisation chômage des intermittent du spectacle ( 120 000 personnes au doigt mouillé ceux chargé d’animer les loisirs culturels et idéologiques des « riches »)
Cette comparaison est d’autant plus intéressante, que les intermittent sont indemnisés à partir des cotisations des travailleurs ( 10 % du déficit de l’unedic) et qu’ensuite on les envoie parfois dans les banlieux faire des animations culturelles dans le cadre de la politique de la ville.
Quand on regarde ce budget de prêt, on constate,
1 qu’il est faux. Si on repeint des commissariats de police, ceux qui sont dans des zones sensibles sont intégrées dans le budget politique de la ville.
2 Bon an mal an, les budgets de fonctionnement sont utilisés, pas ceux d’investissement. c’est à dire que les services concernés recoivent normalement leur salaire, mais ne savent pas très bien quoi faire des crédits.
3 une bonne partie des crédits employés sert à financer des associations dont bénévoles et pro sont en réalité des gens qui vivent de cela et qu’on paye à faire ce qu’ils ont envie de faire en fonction des critères qui plaisent au financeur sans que cela bénéficie toujours vraiment aux populations
Sur la question de l’école dans les banlieues, on a a en gros rien fait pour remedier à une ghetoisation voulue par l’ensemble des acteurs du système ( voir le rapport Obin) et dont souffre les usagers. En revanche on s’est donné beaucoup de mal pour interdire le voile( qui concerne en moyenne 10 filles par an°exclue sur 10 ans, préoccupation d’enseignats laïques.
Depuis le début, des rapports et préconisations se succèdent les uns aux autres. Fin des années 60 un rapport constate qu’il existe des familles à problème lourd qui ont un effet d’entrainement sur les pb et qu’il faurait les isoler ou les loger prêt de flics. Refus, il ne faut pas stigmatiser. Ensuite, on recommence, tous les dix ans, mais avec à chaque fois un nombre de cas lourd croissant. Et on ne fait toujours rien et toujours pour les même raison. En revanche, si Sarkozy dit que là, il y a un vrai problème, on hésite pas à le stigmatiser lui...
Il y a une responsabilité collective droite gauche dans cette histoire.
Le débat sur les banlieues à toujours été d’abord des débats entre tendances en fonction de leurs impératifs de l’heure sans réel souci des personnes concernées
Celle de la gauche service publique est spécifique.
Le rôle spécifique de l’école, créant délibérémment des ghettos dans ces zones, interdisant d’en sortir par la carte scolaire, affectant systèmatiquement les personnels les plus jeunes et les moins qualifiés dans les zones à problèmes, menant des politiques pédagogiques délirantes pour des raisons idéologiques, etc... est écrasant.
Les discours visant à ignorer ou stigmatiser les personnes ayant des difficultés dans la cohabitation avec des « minorités visibles » font également partie de cette responsabilité.
Il y a d’ailleurs deux preuves évidence que cette responsabilité est bien perçue par les populations
Ce n’est pas un hasard si la principale forme d’expression politique issue du malaise des banlieues est le Front national et si il prend parfois jusqu’à l’absurde, le contrepied systèmatique de toute les positions de gauche.
Car il ne faudrait pas oublier que les banlieues, ce n’est pas uniquement, et pas même principalement des jeunes issus de l’immigration et dépourvus ou non du droit de vote et qui caillasse des voitures de flics.
Ce n’est pas un hazard non plus si les services publiques et l’école en particulier sont la cible privilégiée du vandalisme lors des mini émeutes que connaissent les banlieues pluis encore que des symboles « capitalistes » du genre supermarché.
Ces deux expression, l’une démocratique, l’autre dans la rue des banlieues indiquent clairement les directions à prendre. Une réforme idéologique quantitative et qualitative des services publiques dans les zones à problème et en particulier de l’école, passage obligé pour s’en sortir en théorie.
. Par exemple, outrepasser les réticences idéologiques syndicales et ne pas hésiter à payer vraiment mieux les fonctionnaires qui y vont et obtiennent des résultats.
Sur ces aspects, l’état à tout les leviers. Sur une amélioration de la situation économique, qui constitue un autre pan déterminant des problèmes, de l’accés à l’emploi, il ne peut agir que partiellement et dépend de la conjoncture.
On pourrait attendre de lui qu’il commence par faire ce qu’il sait faire. Bien gérer des services publics de qualité, mais dans l’intérête des publics et pas exclusivement dans celui des agents.