« Pour une meme operation de secours, quand il faut 3 pompiers en lozere, il en faudra
10 + 15 CRS en seine saint denis. »
Je crois que vous confondez immigré avec voyou (d’origine étrangère ou non d’ailleurs).
Le fait que certains quartiers soient devenus des ghettos et des repères de bandes de voyous n’est pas dû aux immigrés, qui viennent en France pour améliorer leurs conditions de vie (comme le faisaient les européens, français compris quand ils s’expatriaient aux Etats-Unis ou au Mexique au cours des siècles précédents).
La formation de ghettos est un problème lié à une mauvaise politique de la ville, à des écarts de revenus devenus trop élevés ces dernières décennies, à une spéculation immobilière effrénée qui a progressivement condamné certains quartiers, autrefois prospères, à devenir le lieu de vie uniquement d’une population fragilisée et en perte de repères.
L’intégration n’est pas une chose facile, surtout lorsque l’on vient de pays où les modes de vie et les références sont complètement différentes. Le fait est que ces immigrés se retrouvent « entre eux » dans des quartiers dortoirs où il n’y a presque aucun emploi (+de 50 % de chômage parfois). L’intégration est à partir de ce moment impossible, et ces quartiers deviennent uniquement des terrains propices à la haine et à la rancoeur contre ceux qui ont la chance de ne pas y vivre.
Dans les zones où les immigrés se retrouvent au contact de la population française d’origine, il n’y a pas ce type de problème et l’intégration se réalise correctement, y compris avec des populations d’origine africaine ou proche-orientale.
Mais vous ne pouvez pas espérer intégrer une famille si celle-ci aussitôt arrivée en France, s’installe dans les quartiers les moins chers, et se retrouve avec d’autres populations immigrées et désoeuvrées avec tous les problèmes de trafics de drogue, d’armes et de violence que cela implique.
Alors oui en quelque sorte personne n’est responsable de cette situation, ni les immigrés (qui s’installent près de leurs connaissances déjà sur place et dans les quartiers pas chers) ni les français (qui n’ont pas sciemment « décidé » de parquer les immigrés dans des ghettos).
Maintenant, il n’empêche que les pouvoirs publics devraient réagir pour éviter que le phénomène ne prenne de l’ampleur. Il est sans doute trop tard pour les jeunes et moins jeunes qui ont déjà mal tourné dans ces ghettos. Mais on peut éviter que le phénomène se perpétue en cassant une bonne fois pour toute ces ghettos en rétablissant une véritable mixité sociale.
La première chose à faire, c’est que les nouveaux arrivants ne puissent pas s’installer dans ces quartiers (par la loi s’il le faut). Ensuite, il faut encourager le retour de français intégrés dans ces quartiers et favoriser le départ de familles immigrées dans d’autres régions plus équilibrées (peut-être à la faveur de l’obtention d’un emploi par exemple).
Evidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire, même hors temps de crise, et c’est un chantier de très longue haleine... Mais il ne faut pas se tromper de diagnostic. Le problème ce n’est pas : « comment faire pour empêcher les immigrés (forcément mauvais par nature quand on lit certains commentaires) de s’installer en France ? » Le problème c’est « comment faire pour que ces populations puissent s’intégrer facilement dans la société française ? ». L’intégration est quelque chose de tout à fait naturel, qui ne pose normalement aucun problème, mais elle se déroule à l’échelle de l’individu ou de la famille. Or nos sociétés modernes ne sont pas attentives à cette échelle. Les politiques menées le sont à l’échelle d’une ville ou d’une région entière, elles ne tiennent pas compte de la situation individuelle de telle ou telle famille.
Donc nous avons là un chantier de grande haleine. Raison de plus pour commencer tout de suite.