@abdelkader
La mise en œuvre peut paraître improbable,
mais historiquement il y a jurisprudence : le panarabisme est né dans un
contexte où le monde arabe était sous domination étrangère totale, pourtant
certains ont su donner naissance à un projet qui aurait pu permettre la création
d’une puissance régionale homogène et influente.
Aujourd’hui, si je pointe du doigt la
problèmatique de l’islamisme politique, c’est pour plusieurs raisons : d’un
il enferme toutes pensées dans une perspective islamo-centrée mais aussi
arabo-centrée : faisant fi de la diversité orientale. Et en premier lieu
des minorités religieuses mais aussi ethniques : le panarabisme n’a été
possible que parce que la perspective était multi-ethnique et
multi-confessionnelle, importance majeure des Arabes chrétiens.
Les récentes élections libanaises montrent qu’il
est possible en sortant de l’islamisme, de renouer avec cette capacité de
proposition transnationale, multi-ethnique et multi-confessionnelle.
Sur le contrôle occidental et le rapport à
Israël, je pense qu’il y a nécessité vitale pour les peuples arabo-musulmans de
sortir de leur torpeur d’une manière autre que l’opposition islamiste aux
régimes en place. L’islamisme est l’associé, l’allié objectif du sionisme, et
de l’ultra-libéralisme, tant que cela ne sera pas compris, ces peuples seront
incapables de saisir les enjeux réels.
Choisir l’islamisme c’est soutenir les « ennemis ».
Aussi simple que çà.
Enfin, la référence n’est pas forcément celle
de la « démocratie occidentale », les sociétés orientales ou l’islam sont assez « plastiques »
pour parvenir à une forme d’organisation politique alternative et spécifique à la
civilisation arabo-musulmane.
Quant à Israël, le théâtre des opérations
glissant inexorablement vers l’Asie Centrale, les peuples du Proche et
Moyen-Orient disposent d’une fenêtre de tir « idéologique » pour
inverser la tendance : les infrastructures stratégiques américaines dans
cette région les pousseront au dialogue par nécessité : la balkanisation
irakienne a certes réussie mais pour un côut trop important comparativement aux
enjeux, disons que pour donner une image, le joueur d’échecs USA se retrouve
avec des pièces importantes bloquées, le pion « Israël » pourrait ne
plus être aussi intéressant d’ici peu.
Bref, les peuples arabes doivent saisir les
enjeux et développements futurs si ils désirent renouer avec leur histoire.
Cordialement,