« Au fond des doctrines qui méconnaissent la nouveauté radicale
de chaque moment de l’évolution il y a bien des malentendus, bien des
erreurs. Mais il y a surtout l’idée que le possible est moins que le réel, et que, pour cette raison, la possibilité des choses précède leur existence » - Bergson
L’Homme croit souvent qu’avant d’être réel, les choses puissent être possible. Ce préjugé naturel est une erreur. Comme le dit Bergson, pour écrire les œuvres de Shakespeare, il fallait être Shakespeare. Une révolution ne s’anticipe pas comme un phénomène météorologique. Je dirais même que cette anticipation freine la possibilité d’existence d’une révolution : une révolution, c’est avant tout affaire de pulsion, et discuter d’un problème, tel qu’aujourd’hui tant de monde le fait sur internet - et plus rarement dans des cafés citoyen ou sur le divan d’un psy - c’est libérer une partie de cette pulsion, c’est un catharsis.
Une révolution ne peut être que de « gauche ». Pour Deleuze, être de « gauche » ou de « droite », c’est une affaire de perception : la droite, c’est d’abord penser à soi avant les autres, la gauche c’est l’inverse. En cela la droite est la tendance naturelle de l’Homme, égoïste par nature : qu’importe qu’une révolution arrive et établisse un gouvernement de gauche, solidaire et fraternel ; avec le temps ce dernier finira toujours par sombrer à droite.
La plupart des gouvernements occidentaux sont de « droite ». Ne réussissant guère à résoudre les problèmes pour lequel ils ont été élus, leur seul moyen de conserver le pouvoir est la démagogie, le mensonge, la surveillance et la répression, de plus en plus visible avec le temps. Les citoyens n’ont plus confiance en ces gouvernements mais c’est aussi réciproque. Telle une poule se sachant couver une bombe, un gouvernement de droite fait tout en sorte d’éviter qu’elle explose. Finalement il ne recherche que sa seule survie, se confondant dans la nation qu’il dirige, luttant contre le mécontentement des citoyens comme contre la propagation d’un cancer.
Mais on sait tous comment finit un cancer.