Je suis juriste et à ce titre, je me contenterai
d’approuver ce que d’autres ont dit avec dignité, toutes tendances confondues :
la justice est la même pour tous, on ne peut y échapper car on est un
réalisateur de cinéma de talent. Et je me garderai soigneusement de juger le
système américain (la paille, la poutre). Nous dénonçons le manque
d’indépendance de notre justice et braillons quand un parquet indépendant
américain fait son travail ? STOP. Il me suffit aussi de songer au sort
judiciaire et carcéral des pédophiles, dans le contexte de celui des
prisonniers en général.
Et puis je réagis en mère d’enfants ados, bien que
post-soixantuitarde tombée dans tous les pièges tendus aux jeunes que nous
étions et qui savions ce que c’était alors qu’une éducation facho ! Je
suis, comme bien d’autres l’ancienne victime collatérale -soignée
depuis- de ces années 50 qui ont pesé sur mes parents, eux-mêmes ayant connu
tous petits l’Occupation. Je suis la petite-fille d’un résistant déporté en 42
et mort en 45 dans un camp de concentration.
Les pièges dont je parle ? m’être vautrée
dans l’existence libertaire et bourgeoise de l’étudiante gauchiste et féministe
qui chiale encore quand j’écoute le Jefferson Airplane qui
chante l’amour libre. Pendant ces années-là, j’étais à des années-lumière de la
réalité telle que je la comprends aujourd’hui, où la parité est celle qui
existe entre les riches et les pauvres.
Alors le droit à l’erreur, oui, je le conçois, mais
dans les limites de la loi, celle qui fait que j’éduque les enfants avec foi et
conviction.
Depuis, j’ai compris certaines de mes erreurs,
en rigole, ne le regrette pas toutes du reste. Et puis les erreurs vont avancer
quand on a les c… de les admettre.
Juriste, mère et cinéphile aimant particulièrement le
cinéma de Polanski à qui j’ai toujours trouvé une dimension
enfantine, je ne peux m’enlever de la tête ce qu’il a fait et me
sens nauséeuse.
Je n’oublie pas non plus la fréquentation émerveillée,
très jeune, des salles de cinéma du 14e où j’entendis parler
pour la première fois de Frédéric Mitterrand, personnage sympathique et
décadent, plaisant aux bobos de l’époque et finalement aux vieilles dames.
ET je ne me
sens pas aujourd’hui FACHO DU TOUT quand, progressivement, je me dis que rien
ne va plus. Marine Le Pen a raison ? Et alors ? L’Express a pété un câble !
Et Paul Dalio met le doigt sur la langue de bois, le copinage, la pensée
unique ? Tant mieux.