Bonjour
à tous, avant de commencer je voudrais vous souhaiter la bonne année
pour 2010.
Les
éléments que vous apportez à l’adoption de la TVA sociale sont
d’un excellent niveau et je suis heureux et fier d’échanger avec
vous.
Le
sujet est important et difficile, important car il chamboule de façon
radicale notre système social. Difficile car il touche à des
éléments subjectifs, moraux, symboliques.
Il
va de soit, que dans mon esprit, le but de cette réforme est de
sauvegarder notre modèle sociale, en tout cas, tant qu’il mérite
de l’être, car à force de rogner sur les prestations, et
d’augmenter les cotisations, nous nous retrouverons avec une
coquille vide, et je ne suis pas pour la sauvegarde des coquilles
vides. Au-delà d’un modèle je suis pour la défense des personnes
les plus faibles.
Que
nous, les français, puissions tous nous soigner correctement, avoir
une retraite convenable permettant de vivre, et une assurance
permettant de passer le cap du chômage.
Mes
amis si nous estimons qu’il n’y a pas de problème avec le
système actuel, que les éléments suscités sont assurés à cour
et moyen terme, alors, nous n’avons aucune raison de nous torturer
l’esprit, nous pouvons laisser nos plumes pour tondre notre
pelouse, et cueillir les cerises des justes.
Hélas,
telle n’est pas la situation, notre modèle est tiraillé, d’un
coté, par le renoncement (le déremboursement des médicaments
concerne des listes ahurissantes de produits, l’âge du départ à
la retraite est sans cesse reculée, les chômeurs sont de plus en
plus nombreux à n’avoir aucune assurance…). Par l’acharnement,
de l’autre coté, les charges qui pèsent sur le travail atteignent
des montants exorbitants.
Comment
en est-on arrivé la ?
Premiers
éléments de réponse :
Dans
l’après la seconde guerre mondiale et jusqu’aux années 60/70 la
configuration économique française portait logiquement à faire
supporter les charges sociales sur le travail, celui-ci était
abondant, il y avait beaucoup d’actifs et peu de personnes âgées,
et pas de chômage.
De
plus, Il y avait l’image du patron protecteur qui avait des moyens,
la sécurité sociale était, d’ailleurs, traditionnellement gérée
par les partenaires sociaux.
Les
échanges internationaux étaient limités par des taxes douanières.
Il
était donc logique de maintenir un tel système.
A
l’heure actuelle le panorama a radicalement changé (explosion du
chômage, des personnes âgées, du prix des soins…).
Très
faible augmentation de l’emploi.
Concurrence
sauvage à l’international, sous l’effet des accords du GATT et
de l’OMC.
Les
partenaires sociaux ne gèrent plus seuls la sécurité sociale.
Le
patron a délocalisé la production.
Il
est clair que la situation actuelle n’est pas favorable à notre
système.
Seconds
éléments de réponse :
Il
s’agit là d’éléments plus polémiques, qui tournent autour de
la question suivante :
Comment
freiner l’ardeur des travailleurs à réclamer des avantages, et
des augmentations de salaire, dans le climat années 60/70 propice à
la révolte (événements de mai 1968) et à la grève ?
Comment
mettre les travailleurs au pas ?
Marx
depuis longtemps avait la réponse « créer une armée de
réserve ».
Comment
créer une armée de réserve ?
En
situation de plein emploi, les salariés ont l’avantage sur les
patrons.
Il
faut donc créer du chômage.
Comment
créer du chômage ?
Le
travail est un marché et comme tout marché il dépend de l’offre
et de la demande, le marché du travail étant rigide au niveau du
prix (on ne peut pas augmenter ou diminuer les salaires brutalement),
il faut utiliser le levier de l’offre ou de la demande.
Comment
diminuer la demande d’emploi ?
En
augmentant son coût.
Comment
augmente-t-on le coût d’une offre ?
En
la taxant.
Il
a été bien pratique à un certain moment, au détour des années
1968, de taxer le travail, créant ainsi les chômeurs « armée
de réserve » des patrons.
Ainsi,
plus le travail est taxé, moins il est utilisé, plus il y a de
chômeurs, moins il y a de revendications sociales.
Coluche
aurait continué en disant « circuler y a rien à voir ».
Pour
répondre aux nombreuses remarques déposées je crois pouvoir
avancer les éléments suivants :
-
L’entreprise
individuelle n’a pas de statut juridique propre ou autonome
l’entrepreneur a une responsabilité illimitée sur les actes de
son entreprise, avec quelques aménagements.
-
Oui
l’impôt tue l’impôt, sauf pour des marchés non
interchangeables, les clients sont captifs (cigarettes, essence…),
les salariés français étant en concurrence avec d’autres
salariés, les taxes qui pèsent sur le travail, découragent
l’emploi de la ressource en France, ce qui tue l’impôt lui-même
in fine, il faut trouver ailleurs les ressources nécessaires, la
TVA sociale m’apparaît une bonne piste.
-
Les
charges sociales sont bien des charges ne vous en déplaise, elles
sont comptabilisées dans un compte de charges. Elles sont incluses
dans le prix de revient des produits ou services que nous consommons
(les consommateurs supportent ces charges).
-
Le
taux de TVA qu’il faudrait appliqué est celui qui couvre les
dépenses. Voici un lien qui pointe sur une étude du Sénat
français en ce qui concerne le taux de TVA au Danemark
de 25 %.
http://www.senat.fr/rap/r04-052/r04-05240.html.
Le
Danemark n’est pas un pays à capitalisme débridé, c’est le moins
que l’on puisse dire. La TVA sociale n’est donc pas l’ennemie des
travailleurs et des pauvres, elle est au contraire, un moyen puissant
qui permettrait de mettre nos avantages sociaux à l’abri de la
concurrence internationale.