bonjour annie
Si dans la plupart des pays nous avons encore des
sanctions punitives, de l’ordre de la peine de mort, de détention à perpétuité,
ou des peines dites « exemplaires », il s’agit moins de justice au sens
noble ou nous l’entendons, que l’exercice de la vengeance individuelle ou
vindicte populaire, qui a été retirée à l’individu, comme engrenage à la
violence (vendetta, œil pour œil dent pour dent etc.) pour être conféré à la
communauté organisée. Il apparaît donc bien difficile que la communauté puisse
évaluer la part de responsabilité qui lui incombe dans tout manquement d’un des
acteurs de la dite communauté.
La Solution et la
Justice sont inexistantes en dehors de nous, et de l’usage
que nous faisons de notre intelligence, et des débats que nous sommes capables d’avoir
entre citoyens. Quand l’on sait que l’activité
criminelle se justifie par l’égocentrisme, en désignant celui-ci comme
criminogène, nous qualifions ainsi les bases mêmes du développement biologique
de toutes les espèces vivantes ; nous petit humain narcissique nous
qualifions l’origine, la genèse de la vie de criminel, si cela n’est pas se
prendre pour Dieu, qu’est-ce ?
Ainsi, suivant que nous voulions une justice réparatrice des
« mauvais essais de notre évolution culturalisé et acculturé » ou une justice
vengeresse de nos émotions impulsives, nous criminaliserons nos rapports et
nous condamnerons encore à titre individuel des Etres à la mort ou à
perpétuité, tout en qualifiant d’humaniste la substitution de la perpétuité à
la peine de mort. D’autres condamneront des hommes à deux, voire trois cents
ans de peine de prison, sans qu’un seul n’en relève l’absolu absurdité ;
et c’est dramatique de confier le destin de certains Êtres à des hommes qui,
campés dans la représentation d’une instance législative essentielle, ne font
pas plus preuve de bon sens que ne le ferait un robot, c’est la difficulté de comprendre
les schémas qui transforment notre agressivité naturelle en violence
persécutrice.
Une « irraison »
qui fait que nous habillons la vengeance du qualificatif de justice pour
exercer nos mêmes impulsions criminelles par le biais d’un tiers (État) ;
tiers qui soumis à une opinion publique régressive
(égoïsme, isolationnisme, peurs paranoïaques), n’ose plus s’en écarter, soit
parce qu’ils en sont le prolongement élu ou bien parce qu’ils n’en ont pas le
courage. Le danger en cela est de réveiller un Eichmann culturalisé qui
sommeille encore en chacun d’entre-nous.
cordialement.