@ l’auteur :
1° Vous confondez « secret bancaire » et « paradis
fiscal ». La Suisse applique le secret bancaire – inscrit dans la « Loi fédérale sur les banques
(Article 47.) » mais pas dans la Constitution comme d’aucuns le prétendent
souvent - mais elle n’est pas un paradis fiscal pour autant !
Qu’est-ce qu’un paradis fiscal ? C’est un Etat qui ne
dispose pas de loi fiscale ou d’une loi fiscale lacunaire, voire un Etat qui
applique des taux d’imposition nuls ou extrêmement faibles !
La Suisse ne répond pas aux critères d’un « paradis
fiscal », en revanche le secret bancaire y est toujours appliqué.
Ce qui a été supprimé dans les traités de double imposition
négociés selon le modèle de convention fiscale de l’OCDE, c’est la suppression
de la distinction faite selon le droit suisse, entre la « fraude
fiscale » et la « soustraction fiscale ». La « fraude
fiscale » (blanchiment d’argent, faux dans les titres, revenus d’activités
délictueuses, etc.) est poursuivie pénalement en droit suisse.
La « soustraction fiscale » (l’oubli de déclarer
un montant par exemple) n’encoure en revanche qu’une sanction administrative,
une amende qui peut être très élevée, mais ne constitue pas un délit pénal.
Cette distinction entre « fraude » et « soustraction »
fiscale n’a pas été supprimée dans le droit suisse. Elle est toujours appliquée
sur le plan national. Toutefois cette distinction est rendue caduque sur le
plan international du fait des traités de double imposition que la Suisse a
négociés avec une vingtaine de pays à ce jour, dont la France.
Il est utile de préciser également que le secret bancaire
suisse n’est pas absolu. Il peut être levé dans le cadre de procédures pénales
et de demandes d’entraide administrative ou judiciaire requises par des
autorités étrangères. La Suisse n’a donc pas attendu que le « G20 »
dresse ses fameuses « listes grises » dites des « paradis
fiscaux », transmises ensuite à l’OCDE pour exécution, avant de
sanctionner la fraude fiscale et le blanchiment d’argent. Il est donc erroné de
prétendre que la Suisse abrite l’argent du crime selon un mythe récurrent
et entretenu par les médias, en France notamment.
2° Vous faites de Falciani une sorte de « Robin des
Bois », alors qu’il ne s’agit à l’évidence que d’un vulgaire escroc
mythomane dénoncé comme tel par son ex-complice, la Libanaise Georgina Mikhael,
avec laquelle il s’est rendu à Beyrouth pour tenter d’y vendre les données
bancaires volées.
Ce que votre article ne dit pas, c’est que Falciani
travaillait chez HSBC à Monaco avant d’être transféré à Genève, ceci au
bénéfice d’un contrat d’expatrié. Par la suite Falciani a perdu ce statut
d’expatrié qui lui a fait perdre une partie de son traitement. C’est donc vraisemblablement
par cupidité que cet homme frustré a agi.
Si Falciani est protégé en France par la police, c’est parce
qu’il représente un intérêt financier pour le fisc français. A ce jour la
Suisse n’a pas encore lancé de mandat d’arrêt international contre Falciani,
qui n’aurait aucune chance d’aboutir par ailleurs et pour cause : Falciani
possède la nationalité française et la France n’extrade pas ses ressortissants !
En Suisse Falciani pourrait être inculpé pour violation du
secret bancaire, présomption de « soustraction de données » et de « renseignements
économiques ». Falciani ne se risquera donc pas à revenir en Suisse avant
longtemps …
Voir aussi l’article de Sylvain Besson publié par Le Temps de ce
vendredi 5 mars « Hervé
Falciani contre-attaque