Du point de vue de l’archéologie, la démarche hypothético-déductive a du sens :
Tel texte évoque Carthage, j’émets l’hypothèse de son emplacement, je fouille, je trouve des preuves.
De même pour le Beuvray : Le nom ressemble à Bibracte, j’émets l’hypothèse que Bibracte y est situé, je fouille, je dois y trouver des preuves pour valider l’hypothèse. La recherche au Beuvray est justement le résultat d’une démarche hypothético-déductive... Lui refusez-vous toute validité ?
Quant à ranger la linguistique dans les sciences humaines pour dénier toute nécessité de faire appel à la démarche hypothético-déductive, pendant que vous n’avez cessé d’argumenter sur l’infaillibilité de celle-ci et de son aspect
« exact » pour pouvoir l’utiliser en tant que preuve, n’est-ce pas une contradiction insurmontable ?
Selon vous, la linguistique est-elle une science exacte, ou bien une science humaine ?
Peut-elle servir en tant que preuve définitive, ou bien seulement en tant qu’indice ?
Il vous faudrait éclaircir ce point. De mon point de vue, la linguistique ne peut servir que d’indice, et jamais de preuve. Elle permet d’élaborer des hypothèses. Ces hypothèses peuvent aiguiller sur les lieux à fouiller. Les lieux fouillés apportent les preuves de la validité de l’hypothèse ou pas.
Hormis la linguistique, d’autres considérations permettent de formuler des hypothèses.
La science des lieux stratégiques en est une.
Mont-Saint-Vincent est manifestement un emplacement stratégique, offrant 360° de panorama, riche en vestiges anciens alentours.
Rien que cela me suffit pour soutenir la démarche de Mr Mourey. Peu m’importe en vérité que l’on y trouve des grecs, des celtes, des romains, des phéniciens. La réflexion basée sur des considérations stratégiques est une opinion valable et vraie.
Ne trouvez-vous pas que vouloir fouiller en priorité les lieux stratégiques devrait faire partie de la logique élémentaire de tout archéologue ?