La délinquance ne peut s’expliquer uniquement par la pauvreté. Et les 50 000 voitures brulées par an ? Et les écoles, les bibliothèques, les stades brulés ou saccagés ? Et les pompiers pris en embuscade ? Et les bolossages massifs comme celui du champ-de-mars ou de la technoparade ?
Ce que personne, absolument personne ne veut voir, c’est que les ratonnades, c’est fini (vous pensez bien que ça ferait la une pendant des jours). Aujourd’hui, c’est la chasse au blanc qui est à la mode, avec le silence complaisant des médias et le laxisme de la justice.
"Depuis dix mois, il ne se lève plus seul. Pour accomplir les gestes
anodins du quotidien, s’habiller, se laver, il ne peut plus compter que
sur sa femme et son indéfectible soutien. Des mois aussi que ses nuits
sont ponctuées de cauchemars, que ses jours, il les voit défiler du fond
du lit qu’il ne quitte pratiquement plus. Le reste du temps, c’est en
fauteuil roulant qu’il le passe. "Je ne suis plus grand-chose… ils
ont démoli ma vie…", lâche Serge Juillard, 48ans.
Retour au
7janvier dernier. Serge Juillard se rend au centre commercial Cap Sud
pour acheter un lecteur de DVD à sa femme. Il neige, la circulation est
difficile, des bandes de jeunes en profitent pour importuner des
automobilistes, leur lancer des boules de neige, les provoquer, les
insulter. "Déjà, à l’aller, je m’étais interposé pour qu’ils laissent
tranquille un vieux monsieur qui se faisait voler son portable",
raconte Serge Juillard, qui se souvient d’un climat « tendu ». Il est
environ 17h30 lorsqu’il quitte le parking du centre commercial. Les
agissements des jeunes se poursuivent ça et là sur son parcours. Mais
tout bascule arrivé au quartier de la Barbière. "À cause de la neige,
nous avancions au pas et nous recevions des boules de neige sur les
voitures, certaines avec des cailloux, poursuit Serge Juillard.
Puis
je les ai vus jeter un bloc de glace sur ma portière". L’enfer a duré
une vingtaine de minutes Face au fracas, Serge Juillard décide de
descendre constater l’ampleur des dégâts. "Il faisait nuit, je ne
voyais rien, j’ai juste entendu, « viens » et deux minots de 11-12 ans se
sont jetés sur moi. Ils ont commencé à me frapper à la tête et au
ventre. J’ai vu la haine dans leurs yeux." Serge Juillard,
transporteur et ancien employé des abattoirs est pourtant gaillard, pas
du genre à s’en laisser conter, malgré un bras immobilisé et des
problèmes de dos. Il parvient néanmoins à les maîtriser. Mais
rapidement, quatre autres jeunes, à peine plus âgés, s’en mêlent.
"Ils
m’ont mis à terre d’une balayette et les coups ont commencé à pleuvoir
de tous les côtés." L’enfer va durer une vingtaine de minutes
environ. "Ils ont dû être une quinzaine au total à me taper, à des
degrés divers, estime Serge Juillard. Ils ont même utilisé une barre
de fer. Ils se la passaient pour me taper, un peu comme dans une
tournante…« La victime pense à »faire le mort" pour qu’ils
cessent, mais « la douleur me faisait crier ». Il n’a même plus la
force de leur dire d’arrêter. "Ils m’ont cassé le fémur et la jambe
et malgré ça ils continuaient à frapper. Ils me marchaient sur les
mains, prenaient même de l’élan pour me mettre des coups de pieds dans
les testicules…", égrène Serge Juillard. Leur violence était
gratuite. Je me suis vu partir quand je les ai entendu se dire’finissons
cette face de craie’".
Personne pour l’aider Il ne devra
peut-être son salut qu’à la sirène des pompiers qui fait fuir ses
agresseurs. "Personne n’est venu m’aider, mais quelqu’un a dû appeler
les secours." Et Serge Juillard d’entamer son douloureux
inventaire. Une entorse cervicale, une luxation de l’épaule, fractures
du fémur, d’une jambe, d’un pied, des hématomes au visage et plusieurs
semaines d’hôpital à lutter contre la souffrance. "Malgré une
opération du fémur et des progrès que je fais en rééducation, les
médecins m’ont dit que je ne remarcherai pas, explique Serge
Juillard. Mais j’essaye de faire des efforts…" Et s’il parle
aujourd’hui, c’est parce qu’« il faut les calmer ces jeunes »."
http://www.laprovence.com/article/region/avignon-ils-me-frappaient-en-se-passant-la-barre-de-fer