Alain-Jules a le sens de
l’introduction journalistique, et celui de l’analyse politique.
Nonobstant celui de la formule : « justifier l’injsutifiable »,
ça sonne bon ça, ça vous met tout de suite dans l’ambiance
compassionnaliste et ça vous assène direct la condamnation bon
teint, peu importe ce sur quoi elle repose, et qu’importent les
faits.
Pour le zélateur (puisqu’il
aime bien ce mot, ça classe tout de suite, genre j’ai fait l’IRIS et
le tour du Web) Jules, il y a une « violation manifeste »
de la résolution 1701. Dont je rappelle au passage qu’elle prévoyait
un désarmement du Parti de Dieu ou Hezbollah, qui non seulement se
l’est mise au fond de la poche, mais a continué à s’armer tant et
plus, histoire de montrer à l’armée régulière du Liban et au
gouvernement du pays que le chef, c’est lui.
Môssieur Jules s’enflamme,
enrage, vitupère, dénonce et accuse en quelques lignes pour
immédiatement couper le sifflet à ses contradicteurs futurs en
arguant par avance que, de toute façon, les « cris d’orfraie »
(ça aussi, ça classe) qui plus est « habituels »
(qu’est-ce qu’ils ont à contredire, les contradicteurs ? On ne les a
pas sonnés !) - et depuis quand quiconque crie aux oreilles du Jules
? - ne seront, comme le dit si bien Leïla dans l’un de ses valeureux
et nobles commentaires sous ce fil, que prétextes, fantaisies et
choses ridicules.
La Finul et le gouvernement
libanais apprécieront certainement.
Non dénué de malice, le
journaliste citoyen assène qu’Israël, ontologiquement coupable,
comme tout homme, voire tout Juif « honnête et lucide »
(copyright Sysy) en convient, aurait intérêt à déstabiliser un
Liban où règnent l’amour et la paix et où, si Rafic Hariri a été
assassiné, si la pression du Parti de Dieu contraint le gouvernement
à faire des pirouettes pour tenter de conserver un semblant de
dignité et de pouvoir, l’enquête sur cet assassinat met en cause
précisément le Hezb.
Grand admirateur
d’Ahmadinejad et Khadafi, l’auteur qualifie d’historique la récente
visite du président syrien en se gardant bien de mentionner que la
Syrie serait directement impliquée, puisqu’elle arme et finance le
Parti de Dieu, dans l’assassinat, ce pourquoi peut-être, gênée aux
entournures, elle opère quelques tractations de bon aloi histoire de
faire enterrer l’enquête.
La réconciliation supposée
par le grand analyste n’est que la suite de la mainmise de la Syrie
sur son voisin, via le Hezb à dédouanner, donc.
« Saper la paix »,
dit-il. C’est sans doute pour saper la paix que le Sud Liban, sous
contrôle du Hezb, a vu des villageois agresser la Finul, envoyée là
par l’ONU précisément pour maintenir le statu quo à la frontière
?
L’auteur glisse fréquemment
d’une proposition à une autre sans aucune logique discursive. Ainsi,
dans ce premier paragraphe, l’on apprend qu’Israël « vit grâce
aux tensions ». Formidable information basée sur ses
convictions antisonistes, car quiconque étudie l’histoire sait
pertinnement qu’Israël subit l’agressivité soit des nationalistes
arabes soit des islamistes (soit des nationalistes islamistes) tandis
que son intérêt d’Etat démocratique se tourne plutôt logiquement
vers sa population, ce pourquoi il a intégré l’OCDE et maintient
une économie florissante et en développement constant. Or les
guerres, monsieur Jules, non seulement amputent les nations de leurs
hommes mais coûtent cher...
Les guerres, môssieur
l’auteur, prônées par les boutefeux du coin servent précisément à
faire oublier à leurs peuples à quel point les dirigeants
autocrates les méprisent et à quel point ils craignent un éveil
démocratique dans leurs contrées. Mais bon, quand on glorifie le
Guide de la révolution, je comprends qu’on se moque de ces
aspects.
A propos, toujours pas de 3e intifada à l’horizon,
pourquoi ? Ben pour la même raison : le boom économique dans les
Territoires. Même les Palestiniens, môssieur Jules, n’en veulent
pas de vos guerres quand ils peuvent vivre correctement. Mince alors,
mais où sont les révolutionnaires d’antan ?
Ne vous en faites pas, les
fous d’Allah existent encore. La preuve, ils en appellent tous les
jours au jihad contre Israël.
Un peu comme vous, non ?
On passe ensuite à cette grotesque histoire de rideaux. Just
incredible. Depuis quand les frontières ne sont-elles pas
surveillées là où elles existent ? Et hop, l’auteur glisse une
nouvelle fois, assénant sans façon qu’Israël « a tous les
droits ». Formulation parfaite pour réveiller toutes les
frustrations, on le constate dans les coms !
« Mais où vit-on », ma brave dame, demande-t-il ?
Il est vrai que lorsqu’on se préoccupe de fenêtres, de vitres et de
rideaux, l’analyse géostratégique peut très rapidement ressembler
à du M’dame Michu dans le texte.
(à suivre)