Cher Paul Villach
Merci de cette nouvelle démonstration éclatante des errements et tares de l’Education Nationale !
Il n’y a pas que dans ce domaine que l’Education nationale s’ingénie à désorienter les élèves.
Je vais donc pour une fois me permettre un hors-sujet complet , n’ayant rien à voir avec la question traitée dans votre article :
Mon fils, qui est en classe de seconde, m’a demandé de l’aide hier soir pour un devoir de français, qu’il ne savait pas résoudre.
Je n’ai hélas strictement rien compris à la consigne qui était donnée dans ce devoir ( qui portait sur un minuscule fragment d’un roman de Guy de Maupassant « bel ami », passage dans lequel est fait une description d’une jeune femme ) .
J’ai demandé à mon fils, si il avait eu un topo sur la façon de résoudre ce genre de travail. Il m’a montré le cours du prof avec un exemple concret de ce qui était censé être la réponse à ce genre de question. Inutile de préciser que je n’ai strictement rien compris, ni au cours du prof, ni à l’exemple de « travail » qui devait servir de modèle pour l’exercice en cours.
Par contre, l’ensemble donnait une impression d’un exercice d’un ennui et d’une inutilité incommensurable. C’était à la limite du monstrueux !
J’ai vaguement l’impression de m’exprimer dans un français correct. Pourtant, je suis persuadé que, si ce genre d’exercice est un modèle des questions posées au « bac de français » , j’aurais sans le moindre doute un zéro absolu si je me retrouvais dans la situation de repasser cette épreuve de nos jours.
J’ai nettement l’impression que, comme à mon époque, les cours de littérature française au lycée sont une entreprise concertée pour dégoûter définitivement tout élève normalement constitué de lire, après son bac de français, le moindre classique de la littérature.
La technique employée de mon temps ( j’ai passé le bac en 1974 ) a réussi au delà de l’espérance de ses concepteurs : à ma grande honte, je n’ai jamais ouvert un classique de la littérature depuis mon bac de français. A part les rares livres étudiés au lycée, je n’ai jamais lu depuis le moindre mot de Balzac, Proust, Flaubert, Victor Hugo, Maupassant, Zola, pas plus que le moindre mot de littérature étrangère classique ( Dostoïevski, Tolstoï, Shakespeare Goethe ou autres ). Les seules exceptions étant Voltaire et un peu Théophile Gautier.
Mais j’avoue que depuis mon époque, la technique que je ne peux pas qualifier autrement que « technique d’aversion » a atteint un degré de sophistication sans précédent, et s’apparente à un supplice chinois des plus raffinés ! Je suis d’ores et déjà absolument certain que mon fils n’ouvrira plus jamais une oeuvre litéraire classique après son bac de français. Je serais mal placé de vouloir l’en blâmer.
Une question que je me pose est pourquoi des générations de professeurs de français s’ingénient-ils, avec des techniques de plus en plus élaborées, à dissuader leurs élèves de lire la littérature qu’ils sont censés leur faire aimer ... Qui a inventé ces techniques, et dans quel but ?
Ce mystère insondable s’épaissit de jour en jour, je pense que je n’en aurai jamais l’explication !
Une chose est sûre , c’est qu’un jour avec les progrès de ces techniques d’aversion, la reproduction du corps enseignant en littératiure française finira par disparaître faute de volontaires ! Qui voudrait passer un CAPES d’une matière aussi rébarbative ???