La Revolution Vide
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Nous sommes entrés dans l’évidence d’une asymptote géocidaire qu’il
est aussi vain de nier que de combattre par la pansée de l’intérieur du
spectacle pansant qui tourne dans nos cerveaux. Une mutation qui n’est
pas plus prioritairement écologique que politique, sociale économique ou
culturelle. La priorité des priorités, ce n’est donc pas de signer le
pacte écologique de Nicolas Hulot. C’est de commencer à réaliser que
nous sommes entrés irréversiblement dans une mutation évolutive qui
affecte l’ensemble de la formule de homme/monde et ébranle
jusqu’au mythe mensonger de la naturalité même de la nature cosmique.
La « catastrophe écologique » en cours est à nos yeux un aveu
d’inauthenticité de la « nature » de la nature. Si « harmonieuse »
qu’elle se présente, cette nature n’en porte pas moins le germe
pulsionnel de mort qui préside à la loi mensongère de nos souffles
coupés. Portant le nœud tragique du biocide au cœur de son sein, elle ne
pouvait donc selon nous, à terme, « naturellement », que produire
elle-même le dispositif de son propre suicide. Et nous sommes à l’heure
de ce terme. Toute la Terre conspire ainsi, apparemment, à son propre
géocide, comme l’espèce dite « humaine ». L’atome, le quark, la cellule,
la molécule, le pulsar, tous ces concepts opératoires révèlent le
caractère intégralement artificiel de la « nature ». Introduits dans la
révolution vide, nos souffles conscients s’habituent à oser envisager
qu’il n’y a peut-être pas lieu de chercher à préserver à tout prix la «
nature » telle qu’elle est, (que cela ne sert peut-être à rien, que
c’est même désormais impossible), pas plus qu’il n’y a lieu de préserver
le règne mortifère d’une machine fêlée à fictionner le « pire » qu’on
nomme « l’humanité de l’homme ». « Homme », « nature » : une seule et
même mécanique traumatique universelle en cours d’effondrement.
Nous
entrouvrons les yeux au fait que l’espèce pensante étant une espèce de
transition, le « mal » apparent qui la met à « mal » est le verdict de
sa caducité, et qu’elle est déjà engagée, par la négative, dans le
processus de son propre dépassement évolutif… Aux confins de l’enfer
rigoureusement sondé du camp de pollutions chimiques aux dimensions
planétaires, l’expérience nue l’expérience nUe, ce livre
tournant d’aurélien réal, a été publié dans la collection l’imp(a)nsable
en mai 2006, Le Grand Souffle Editions d’un corps asphyxié révèle que
cette effroyable mise à « mal » est sans doute plus profonde qu’elle
n’est un « mal »…
AUTRE CHOSE est en train de naître dans la
rigueur inconcevable de l’impasse intégrale du pouvoir pansant, du
dés-espoir nécessaire de toute forme de communautarisme, comme de tout
anti-communautarisme, dans le désert accompli du « lien », comme dans
celle de l’agonie « inacceptable » de la nature mortifère. AUTRE CHOSE
que « nous » est en cours de naissance par les cris du vide dans le
placenta temporel.
L’avenir n’appartient à personne