@ tous
En ne publiant pas ce texte en première page (en
« page d’accueil », en « tête de gondole »… qu’on appelle ça
comme on voudra) les responsables d’Agoravox semblent avoir déjà répondu : pour
eux l’idée n’est pas bonne.
Ou bien cette idée n’a pas été comprise. Ou bien
c’est seulement la technique (le robot) qui décide et on ne peut pas ou ne veut
pas changer ça, c’est un choix d’Agoravox.
Je croyais l’avoir bien résumée, cette idée, en
deux lignes : UNE discussion
pourrait
se poursuivre si l’article était, tout simplement, remis régulièrement en
première page par l’équipe d’Agoravox. Ce serait « le coin débat continu » du site (pendant
un an au moins).
« Régulièrement » était sans doute trop
vague. Alors je précise : il faudrait que ce soit au moins une fois par
semaine.
Elle était venue, cette idée, d’une impression
personnelle que je pourrais exprimer ainsi : depuis un bon bout de temps se
manifeste un peu partout une « indignation fataliste », ou un
« fatalisme indigné ».
Même là où elle existe, la démocratie n’entraîne
pas la prise des décisions importantes par les peuples. Les problèmes ne sont
pas seulement « mondialisés », ils sont « financiarisés ». Les
politiciens ont bien peu de pouvoir, ce sont les riches qui décident. Le
scandale, cependant, est à ce point perçu que, même ceux qui en sont les plus
responsables se sentent obligés d’annoncer qu’ils veulent « moraliser »
cette situation.
Mais ceux qui ne sont pas responsables (ou ne
veulent pas s’avouer qu’ils le sont un peu tout de même) et qui
« s’indignent » expriment bien souvent, à leur manière, qu’on "ne
peut pas changer les choses". Collectivement, le parti socialiste a bien
exprimé cela en choisissant de voter pour l’Europe se soumettant volontairement
aux « lois du marché ». Individuellement, des indignés font le même
choix en se plaçant « hors de la politique ». Je ne vois pas où, pour
eux, serait la solution. Beaucoup reconnaissent qu’ils ne savent pas eux-mêmes
: ils cherchent.
Il m’a semblé alors qu’Agoravox était le
meilleur site possible pour créer un lieu qui soit le lieu de cette recherche.
J’ai pu me tromper mais je dois insister sur un
point : il faut dissocier l’éventuelle utilité d’un débat continu, pendant un an sur
Agoravox, de ma propre démarche. Car Amaury a raison : ma démarche part ici
« de mes présupposés en matière de réflexion politique ». Et, à juste
titre aussi, il rappelle mon insistance à relancer toujours la réflexion sur
une chose qui m’empêche de dormir, la violence religieuse.
C’est pourquoi je répète que, s’il est utile et
trouve sa place sur Agoravox mieux qu’ailleurs, le débat continu ne doit pas se faire à
partir de mon propre texte. Et il est même parfaitement possible que, s’il
venait à exister, je ne m’y exprime pas du tout.
Encore un mot pour Amada. Vos deux articles
publiés sur deux ans sont effectivement très intéressants. C’est vrai qu’ils
« donnent à penser ». Mais ils ne sont pas ce que je souhaite ici : l’évolution
par le débat, dans l’année qui vient, des concepts simples qui aideront chacun à
décider de son choix politique au bout de cette année.
Et puis, je le répète, je crois que ceux qui
doivent abattre « l’hydre » que vous décrivez très bien sont une
partie constitutive de cette hydre. C’est, selon moi, la plus grosse difficulté dans
la tâche qu’ils ont à accomplir.