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Commentaire de

sur L'antéchrist s'appelle Prosper !


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Taïké Eilée 13 janvier 2007 22:18

Merci de citer ces « témoignages ». Alfaric les cite aussi. Voici la version qu’il donne de celui de Flavius Josèphe : « Vers le même temps vint Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler un homme. Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup d’Hellènes. C’était le Christ. Et lorsque, sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l’eut condamné à la crucifixion, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire, car il leur apparut trois jours après, ressuscité, alors que les prophètes divins avaient annoncés cela et mille autres merveilles à son sujet. Et le groupe appelé celui des chrétiens n’a pas encore disparu. »

Votre version et celle que je cite (du même passage) sont assez différentes. Laquelle est la plus juste ? Je ne sais pas. En tout cas, voici ce qu’en dit Alfaric :

« Ce texte serait décisif, s’il était authentique. Mais tout montre qu’il est apocryphe. Il ne se lisait pas dans l’édition de Josèphe la plus ancienne que nous puissions atteindre, dans celle que possédait Origène, au début du IIIe siècle. D’après cet auteur, l’historien juif ne croyait pas que Jésus fût le Christ. Or, nous venons de voir que le passage en question affirme expressément : »C’était le Christ.« [...] Si l’auteur des Antiquités avait dit que Jésus »était le Christ« , s’il l’avait appelé le »maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité« , s’il l’avait présenté comme ressuscité après trois jours, il eût été chrétien. Or il se montre très attaché au judaïsme pharisaïque, non seulement dans ses écrits antérieurs, mais dans ceux rédigés plus tard, dans son autobiographie et dans ses deux livres Contre Apion. »

Et de rajouter : « Le paragraphe consacré à Jésus rompt la suite naturelle de l’exposé des Antiquités. Josèphe parlait auparavant des calamités qui frappèrent ses compatriotes sous Pilate. Immédiatement après il reprend ce leitmotiv... Les remarques qui concernent le Christ sont d’un autre ordre. Elles ne cadrent ni avec ce qui précède, ni avec ce qui suit. Au contraire, si on les élimine, les deux morceaux qu’elles séparaient se rejoignent d’eux-mêmes et sont très cohérents. C’est dire qu’elles sont certainement interpolées. »

Au sujet de Pline le Jeune, sa phrase ne fait que dire ce que tout le monde sait : au début du deuxième siècle existait bel et bien les premières communautés chrétiennes, qui rendaient un culte au Christ... (dont rien ne nous dit s’il était considéré comme humain ou purement spirituel).

Sur le texte de Tacite. Alfaric doute de son authenticité (il ne nous est connu que par un seul manuscrit du XIe siècle découvert en 1429 et entré en 1444 dans la bibliothèque des Médicis), mais admet (par hypothèse) qu’il soit authentique. Et voici ce qu’il écrit : « Peut-il servir à prouver que Jésus a vraiment existé ? En aucune façon. A l’époque où Tacite écrivait ses Annales, c’est-à-dire vers 117, les chrétiens devaient être déjà nombreux à Rome, et la Vie de Jésus s’était fixée pour eux, tout au moins dans l’Evangile selon Marc. C’est d’eux, ou de quelqu’un qui les aura connus, que procèdent tous les renseignements fournis par lui au sujet du Christ. De là vient qu’il ne le désigne pas par son nom propre mais par son surnom rituel. Ce qu’il dit de lui n’ajoute absolument rien à leur témoignage. »

Quant à Suétone... L’empereur dont il est question est Claude (Suétone écrit une Vie de Claude). Or Claude a été empereur entre 41 et 54, époque à laquelle Jésus est censé être mort depuis pas mal d’années déjà ! La citation exacte est : l’empereur « chassa de Rome les Juifs qui, sous l’impulsion de Chrestus, s’agitaient constamment. » Rome ! Jésus est-il censé être allé à Rome ? ? ? Ce serait un scoop. On ne parle manifestement pas de Jésus.

Suétone est là hors-sujet. Flavius Josèphe parle en converti chrétien qu’il n’est pourtant pas. Pline le Jeune confirme l’existence d’une communauté chrétienne au début du IIe siècle. Tacite ne dit quasiment rien, il confirme que la « vie » de Jésus commençait à se fixer au début du IIe siècle. Les auteurs du premier siècle seraient d’un secours bien plus grand. Or aucun auteur latin du Ier siècle ne consacre à Jésus la moindre allusion.


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