Bonjour,
j’ai lu les commentaires, il est vrai que le slogan« produire local » séduit pas mal, mais il y a aussi beaucoup de malentendus voir de mauvaise foi dans ce débat.
Je viens de Belgique, donc la question se pose différemment pour moi : je ne peux quand-même pas nier mes sources. Puis j’ai vécu trôp de choses kafkaiennes en m’installant en France. (en 2000)
Exemple :
nous avions une voiture « française », Peugeot Expert, essence, avec installation de GPL par soucie d’écologie et d’économie.
Il nous a fallu un an et demi pour pouvoir « importer » cette voiture en France ! (le moteur était apparemment italien (Fiat), les normes pour le GPL n’étaient pas les mêmes qu’en France : en fait elles étaient trôp en avance pour la France, qui exigeait une pièce de sécurité (standard en Belgique et en Hollande) qui n’était pas encore en vente en France. Nous avions cette sécurité...mais elle ne portait pas le « made in France »...
La drire nous a traités comme si notre voiture venait d’Afrique !
Nous avons une petite entreprise d’huiles essentielles, ciblé sur l’aromathérapie, avec une gamme très étendu, puis quelques huiles végétales et des produits transformées par nous.
Nous travaillons avec des circuits locaux, par exemple un réseau de paysans.
C’est vraiment chouette, notre entente avec les producteurs du coin, puis nous faisons souvent des échanges, nos produits contre du blé local, fromages etc...
Il faut que nos produits vendus dans ce circuit soient « local », mais ou se trouve parfois la limite ?
Local : notre village, département, région, le sud, le nord ?
J’avoue que nous avons eu pas mal de discussions et d’interrogations :
que dire des paysans transformateurs : des confitures ou des purées de chataîgnes, mais avec 50% ou plus de sucre du Brésil ? Sachant que les apiculteurs nourissent leurs rûches parfois abondamment avec des grands fûts de sirops de sucre... venant de France ? Non : di Brésil ! Même les reines vivantes sont maintenant importées du Pérou !
Une huile de massage avec des huiles essentielles produites par nous mêmes mais l’huile végétale (la base) venant d’Argentine ? Ai ai : pas très correct !
Ou alors des petites coopartives bio qui ne voulaient pas acheter nos huiles végétales comme du jojoba (origines Argentine), qui croyaient que les autres fournisseurs (qui ne mettaient pas l’origine sur leurs bouteilles) travaillaient avec des productions de jojoba... de France ? (La plante ne pousse pas en Europe)
Ou alors le mal que j’ai eu récemment de connaître l’origine de l’huile de bourrache et d’onagre certifié bio : le fourisseur avouant fnalement que l’origine était de Chine ?
Un très bon produit, parfaite analyse de qualité, prix malgré tout assez chèr, apparemment pas (assez) de fournisseurs en Europe.
J’ai le choix : afficher l’origine et avoir énormément de discussions, ou juste afficher le certificat bio, ou sur l’étiquette est marqué : soit « Origine UE » ou alors « Origine NON UE ».
Le « NON UE » concerne donc des produits bio de Chine, Inde« , Argentine, Israel etc...
Lequels vendra le mieux croyez-vous ?
Bon, nous, on a décidé de toujours marquer l’origine et d’assumer et de défendre nos choix, car nous défendons de toute façon l’usage d’un maximum de produits venant de France, direct producteur distillateur et nous, je crois en ce moment environs 50% quand-même et considérons que chaque pays peut avoir de bons produits, même Chinois (il y a quelques années c’était le plombier Polonais, maintenant c’est »le Chinois")
Sachant que l’eucalyptus est d’origine d’Australie ou du Portugal (très peu de production en Corse et pas les mêmes espèces), que la gaulthérie ne pousse pas en Europe, ni les géraniums (sauf en serres en petites surfaces).
Il est possible tout de même de retrouver pas mal de molécules dans des plantes dans le sud de la France, mais le coût serait environs 4/5 fois plus élevé, puis on devrait abandonner des produits comme la cannelle, les géraniums d’Egypte, de Chine, le Géranium Bourbon, le Niaouli, le Petitgrain...