Bonjour Jacques,
Vous faites état d’agressions sexuelles, vous titrez : Violeur mais libre.
Le Code Pénal distingue les deux infractions.
Votre façon de présenter les choses s’adresse aux sentiments.
Les gens n’ont pas besoin de cela pour être révoltés contre les atteintes délictuelles ou criminelles à l’enfance.
La justice est technique. Mettons-nous à la place des juges :
Ils doivent déterminer la gravité des faits (main aux fesses, déjà punissable, ou attouchements plus ciblés).
Devaient-ils mettre le prévenu en prison préventive ?
Au premier degré, c’est un ignoble salopard, il faut le foutre au placard.
Au second degré :
- Les prisons sont déjà plus que pleines (65000 détenus pour 57000 places), et quand on n’est pas dans une situation d’émeute on est à la limite.
- Les détenus ne sont guère tendres avec les violeurs ou supposés tels. En l’espèce, ils ont une conception expéditive de la justice si vous voyez ce que je veux dire.
- La prison préventive doit être exceptionnelle et sert notamment à empêcher le prévenu de récidiver, de contacter des complices ou de s’échapper.
En l’occurence le juge a estimé que le contrôle judiciaire était suffisant à ce point de l’enquête. Il a le dossier en mains, pas vous ni moi.
Cela dit, je souhaite bien sûr une justice plus efficace et plus rapide. Qu’il s’agisse d’un enfant ou d’un adulte délinquant, une sanction doit être aussi proche que possible de l’infraction.
Je connais bien le blues des flics : ils arrêtent le matin un petit voyou en flag, l’après-midi le même petit voyou, sorti du palais, vient les narguer.
Sarkozy a trouvé la solution : construire 24000 places de prison supplémentaires.
Certes, une solution meilleure était de ne pas décimer les effectifs des enseignants, des policiers et des magistrats.
Mais la bande du Fouquet’s n’a pas la culture du service public.
Film à voir ou revoir : Les risques du métier, d’André Cayatte.