SUITE DU MESSAGE PRECEDENT
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2°) - vous vous dites
gaulliste, pourquoi de Gaulle a pris Pompidou comme premier ministre, un
parvenu de la banque Rothschild, qui en 1973 a fait voter une loi privatisant la
monnaie, était-ce afin de se concilier les marchés financiers ?
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Non, je ne me dis pas du
tout « gaulliste » et le mouvement que j’ai créé ne revendique
nullement ce qualificatif. Je vous renvoie à l’explication circonstanciée qui
figure sur notre site Internet :
http://www.u-p-r.fr/vos-questions-nos-reponses/le_positionnement_politique_de_l_upr/l%E2%80%99upr-est-elle-un-mouvement-gaulliste-2
Permettez-moi, au
passage, de vous signaler que les adhérents de l’UPR viennent de tout
l’échiquier politique français, qu’une petite majorité d’entre eux est
probablement de sensibilité de gauche, et que le mouvement compte des citoyens
résolument anti-gaullistes.
S’il est exact que je
parle souvent moi-même de Charles de Gaulle, c’est parce que j’estime que ce
fut non seulement notre plus grand chef d’Etat du XXe siècle, mais aussi notre
plus grand stratège, avant même Clemenceau. Ses analyses géopolitiques
demeurent d’une prémonition et d’une lucidité époustouflantes quarante ans
après sa mort.
Pour autant, ce n’est
pas parce que je cite et que je m’inspire de ses analyses que je tombe en
adoration devant le personnage et je suis le premier à reconnaître volontiers
que, comme tout homme, il a commis des erreurs, parfois monumentales. Ses
erreurs les plus graves ont été, à mon sens :
- - son indifférence coupable face aux
drames atroces qui marquèrent la fin de la Guerre d’Algérie,
- - sa mauvaise anticipation des
évolutions sociétales des années 60 et notamment les revendications qui
allaient naître de l’apparition d’une gigantesque classe moyenne,
- - son incompréhension
des nouvelles formes de guerre que les Américains commençaient à mettre en
œuvre : guerre de l’information, manipulations médiatiques,
« soft power », etc.
- - ses tergiversations
sur la construction européenne, dont il avait pourtant parfaitement décelé
le caractère tragique pour notre pays (cf. mes conférences et sa
conférence de presse du 13 mai 1962)
- - enfin, son incapacité
à assurer sa succession, en s’entourant de responsables qui eussent
réellement partagé sa vision du monde.
Votre question se
rattache à ce dernier point et je regrette, comme vous, qu’il ait cédé la pace
à Georges Pompidou, qui n’avait au fond rien de « gaulliste ».
Pour que vous compreniez mieux comment ce dernier est parvenu à la présidence
de la République,
je crois qu’il faut vous ôter de l’esprit l’idée que Charles de Gaulle serait
allé le chercher à la
Banque Rotschild. Je vous suggère en revanche de lire
l’ouvrage très bien renseigné « ‘Le duel De Gaulle-Pompidou » du
journaliste Philippe Alexandre, paru en 1970.
Vous y découvrirez que
de Gaulle fit la connaissance de Pompidou en 1944 et que ce dernier resta
ensuite fidèlement dans son ombre pendant toute la « traversée du
désert ».
Il ne faut jamais
oublier que, lorsque de Gaulle appela Pompidou à Matignon en 1962, le fondateur
de la France Libre
avait 72 ans et qu’il en avait 79 lorsqu’il démissionna en 1969. De Gaulle
était donc un homme âgé, peu au fit des questions économiques et financières,
aui avait confiance en Pompidou et qui pensa pouvoir se reposer sur lui. C’est
progressivement, tout au long des années 1962-1968, que de Gaulle commença à
découvrir Pompidou sous une autre facette, et qu’il l’évinça rudement à l’issue
des événements de mai 1968.
Il est également certain
que De Gaulle fit tout son possible pour barrer la route de l’Elysée à
Pompidou, y compris en laissant se développer la ténébreuse « affaire
Markovic » pour tenter de ruiner la réputation de celui qui avait été son
dauphin et qu’il ne revit jamais plus après sa mort le 9 novembre 1970.
Notez bien que la loi à laquelle vous faites allusion est postérieure de 2 ans
et 2 mois au décès de Charles de Gaulle.
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