@ diverna :
OK je vois mieux ce que vous voulez dire.
Cela dit, les élèves n’étant pas des statistiques, les classes peuvent être de valeur fort différente d’année en année.
Il est donc illusoire de comparer des classes qui ne se ressemblent pas.
Le boulot des Proviseurs, ce n’est pas de satisfaire au mieux les exigences individuelles plus ou moins réalistes de leurs élèves, mais plutôt de remplir des sections, à l’intérieur de leurs Lycées ( passages de 2° en 1° et donc également en Terminale). Idem pour ce qui suit le Lycée, les demandes post-bac sont faites pour remplir au mieux les amphis et autres salles de classe existantes.
C’est de la gestion de flux, et c’est objectif, alors que les voeux des élèves ( et de leurs parents) sont subjectifs et souvent assez déraisonnables.
Et c’est là que se télescopent d’un côté les envies ( fondées sur des talents réels parfois, mais souvent basées sur des stéréotypes, des rêves creux et insipides, des fantasmes d’élèves à l’évidence inconsistants) et d’autre part notre inénarrable égalitarisme à tout crins :
chacun a le droit sacro-saint de se rêver mannequin, pilote de ligne, publicitaire ou veto.
C’est d’ailleurs ce qui explique la réticence des établissements à donner des infos sur leur niveau, qui est prétendûment très bon partout ( rigolade absolue....).
Il faut donc remplir les sections, toutes les sections, et c’est pourquoi certaines années de très bons élèves se heurtent à des refus, parce que d’autres avaient été encore meilleurs, ou mieux notés, et que l’année suivante, des élèves médiocres obtiennent ce qu’ils veulent, parce qu’il n’y avait pas trop de demandes.
L’égalitarisme à la française est bien connu pour dégager des élites qui n’en sont pas, mais qui ont juste réussi, par chance ou par combine, à passer à travers les mailles du filet.
L’exemple le plus réputé, et le mieux admis par tous les petits malins qui connaissent les voies de dégagement, étant l’IEP de Paris, plus connu sous l’appellation amusante de Sciences Po.
L’orientation des élèves, ainsi appelée parce qu’on n’a pas trouvé ( ou pas osé ) la baptiser autrement est une franche rigolade, effectuée dans la pagaille la plus absolue, et il est très incertain d’essayer de lui trouver un quelconque fondement scientifique et rationnel.
Ce phénomène un peu attristant a les conséquences que l’on sait : une baisse désespérante du niveau des études dans notre pays, qui régresse de plus en plus, une production massive de jeunes mastérisés dans la plus grande incohérence, et un afflux constant de jeunes déboussolés dans les officines chargées de trouver des stages, Pôle-Emploi n’étant ni la seule, ni la plus efficace.
Cela confirme donc ce qui nous tient à coeur à tous : que chacun ait les même chances, et le même point d’aboutissement, à savoir la galère du premier emploi .
Mais laissons donc les gens rêver, et s’imaginer qu’ils prendront la place que Michel Drucker ( ou un autre ) n’est d’ailleurs pas trop prêt de quitter.
Petite question pour finir :
avez-vous idée du nombre d’étudiants qui décrochent un Mastère labellisé, avec parfois une appellation assez rigolote, il faut bien l’avouer ?
et quels sont les besoins de notre économie vacillante en spécialistes de cet acabit ?
Il y a en France à peu près 6000 formations de ce tonneau....avec combien d’étudiants dans chacune ?
Je vous laisse rêver.