À Damas, l’ »offensive finale » de l’ASL s’essouffle déjà
Par Louis Denghien, le 18 juillet 2012
"En dépit des (plus ou moins) gros titres d’une presse
française devenue décidément, sur le dossier syrien, un prestataire de
service de l’OTAN et du Quai d’Orsay, la « bataille de Damas » ne semble pas tourner à l’avantage de l’ASL. Un responsable militaire syrien a déclaré mardi à l’AFP que l’armée « contrôlait la situation et pourchassait les terroristes réfugiés dans des appartements et des mosquées« . Selon une autre source militaire citée par l’AFP,
l’armée resserre son étau sur les quartiers d’al-Midane, où les
habitants ont été invités à évacuer les lieux avant l’assaut final, et
de Tadamone où subsistaient encore mardi soir « quelques poches de résistance« .
Des images de l’évacuation de Midane par ses habitants,
mardi, sous supervisation de l’armée, ont été diffusées par les chaînes
de télévision syriennes. Évidemment, elles vont dans le sens du
gouvernement. Mais en tous cas les civils interrogés qui fuient le
quartier au volant de leur voiture sont unanimes à louer les efforts de
l’armée, qui leur ont permis d’éviter de devenir des boucliers humains
des rebelles sur le modèle éprouvé de Homs. Ils incriminent aussi,
naturellement, les bandes qui se sont installées dans leur quartier,
voire leurs domiciles.
Ci-dessous les liens vers les reportages de la télévision syrienne :
Et revoici les bidonnages opposants…
On signalait aussi des combats dans le quartier de Qaboun, dans l’est de l’agglomération, où, selon la source militaire de l‘AFP « se trouvent le gros des rebelles« .
En parlant de Qaboun, il semble se confirmer que la nouvelle de la
destruction d’un hélicoptère de l’armée au-dessus de ce quartier était
un nouveau mensonge propagandiste ASL : la photo produite par celle-ci
de l’appareil abattu est en fait celle d’un hélicoptère de l’OTAN abattu
en Afghanistan. La révélation en a été faite, photos à l’appui, c’est à
noter, sur un site pro-opposition, dont l’animateur déplore que de tels
subterfuges décrédibilisent la « révolution »
syrienne. C’est en effet un risque…. On peut faire preuve de la même
circonspection vis-à-vis du bilan OSDH des combats de Damas : »40 à 50 » soldats tués lundi, « au moins 20 » mardi. On se demande d’ailleurs comment les « correspondants »
locaux de l’OSDH peuvent être si renseignés dans le cadre d’un combat
de rue, où l’ »ennemi » est rarement visible. Ces messieurs auraient
donc des « taupes » dans les infirmeries de campagne ?
Hier une source gouvernementale affirmait que 33 rebelles
avaient été tués dans le secteur de Qaboun, une quinzaine blessés et
145 capturés.
Ci-dessous le lien sur l’ »hélico de Qaboun » :
Une évolution prévisible
Sur la situation globale, au deuxième jour de l’offensive ASL dite du « Volcan de Damas« , on peut citer ce diplomate occidental lui-même cité par le Figaro du mardi 17 juillet : « Ce n’est pas encore demain que le régime va s’effondrer. Ces
violences ne marquent pas un point de rupture, mais plutôt une forme
nouvelle de harcèlement répété des opposants. Damas n’est pas à feu et à
sang ». Le Figaro indique que pour ce diplomate, le calendrier de cette offensive rebelle ne doit rien au hasard : «
Elle coïncide avec les discussions à l’ONU sur la prolongation de la
mission des observateurs, et elle intervient après la défection de
l’ambassadeur de Syrie en Irak qui, depuis, multiplie les déclarations
sur les armes chimiques, qui auraient été déplacées par le régime ».
Évidemment le diplomate voit juste :
comme nous l’avion écrit hier, comment quelques centaines d’extrémistes
pourraient-ils subjuguer une ville de plus de deux millions d’habitants,
majoritairement pro-gouvernement, et où se trouve une concentration
maximum de troupes, dont l’élite de l’armée ? Pas besoin d’être stratège
ou diplomate pour répondre que c’est impossible.
On peut reconnaitre à l’ASL un succès symbolique amplifié
par une gigantesque caisse de résonance médiatique : avoir introduit
l’insécurité et la guérilla dans des quartiers de la capitale. Mais sur
le plan politico-militaire, tout ça n’a pas de signification, et surtout
pas celle proclamée par l’opposition : il n’y a aucun soulèvement
populaire en faveur des rebelles.
Mais allez expliquer ça aux ignares formatés d’I-Télé qui ce matin se posaient gravement la question : « Est-ce le début de la fin pour Bachar al–Assad ?« .
Ces gens, incompétents, conformistes et paresseux recyclent
invariablement les fanfaronnades de l’opposition, genre la martiale
déclaration d’un porte-parole de l’ASL à l‘AFP sur la « bataille pour la libération de Damas« .
Si le ridicule pouvait encore tuer des journalistes français, la rédaction d’I-Télé – pour ne citer qu’elle – serait anéantie depuis des mois !"
Source : http://www.infosyrie.fr/actualite/action-3/