On peut penser que les grands projets d’infrastructures sont toujours lancés par des élus responsables et compétents, aidés par des experts totalement indépendants .
On peut penser aussi, en citoyen confiant sur le parfait contrôle démocratique des institutions et sur l’info indépendante donnée par nos médias, qu’il suffira le moment venu, de valider ou non le projet en question . Par exemple lors de l’enquête d’utilité publique .
En réalité, le coût de ces projets atteignant souvent plusieurs
milliards font l’objet d’un intense lobbying de la part des groupes
industriels ou du BTP, dont la zone d’influence dépasse largement les
frontières, puisque il y a souvent un cofinancement européen .
Les épais dossiers farcis de chiffres,de graphiques et de simulations à l’horizon 2035 démontreront aisément la validité, voire la rentabilité du projet .
Ainsi, vendre la construction d’une ligne LGV qui coutera plusieurs milliards pour qu’une minorité gagne quelques minutes sur un parcours, alors que la ligne actuelle se détériore et que RFF ( Réseau Férré de France ) cumule des dizaines de milliards de dette, ou vendre un aéroport dans une région qui n’en nécessite pas, c’est le métier de ces experts qui sauront réduire à néant les arguments des zécolos et des passéistes qui refusent « le progrès » .
Le financement de cette mégalomanie ? c’est la botte secrète du partenariat Public-Privé, lancée par le gouvernement précédent ( LGV Tours-Bordeaux, Hôpital Francilien, le Pentagone français à Balard, et même la construction de prisons ...A payer pendant quelques dizaines d’années, trois fois plus cher que le devis initial, mais c’est un autre dossier ....
Excellent article sur le sujet d’Alain Devalpo dans le Diplo d’aout dernier :
« L’art des grands projets inutiles » .