Je veux pas dire, mais ton philosophe, il était nul en éthologie.
Tant mieux, car il était anthropologue, et non philosophe, et que pour être anthropologue il vaut mieux ne pas faire d’éthologie.
Cela fait des générations que l’on sait que pour éviter
la consanguinité, les jeunes (mâles ou femelles, c’est selon) quittent
leur groupe de naissance pour aller dans un autre et éviter ainsi l’inceste.
Quand vous avez une portée de chats et que vous les laissez grandir ensemble, arrivés à l’âge adulte vous constaterez que les frères se reproduisent avec les sœurs. Ce « truc dans le cerveau » censé les dégoûter d’un tel acte n’a visiblement pas autant de puissance que l’instinct de reproduction, et on ne peut pas parler d’une prohibition de l’inceste chez les animaux. Que des jeunes individus quittent le groupe pour aller voir ailleurs ne prouve pas que ce soit par dégoût de l’inceste. Dans les sciences naturelles, il faut aussi se méfier de la tendance à donner des intentions à la nature. On confond souvent l’effet avec la cause, et la cause avec l’intention. Ainsi, on dit volontiers « la nature a donné un long cou aux girafes pour qu’elles puissent manger les feuilles en hauteur », alors que selon la théorie darwinienne, c’est le long cou d’un individu qui lui a permis de manger ces feuilles, lui conférant ainsi un avantage lui permettant de vivre plus longtemps, lui donnant plus de temps pour se reproduire et propager sa mutation à sa descendance.