soi-même,
Angelus Silesius, à l’instar des grands mystiques, héritiers de
la pensée destructrice de Denys l’Aéropagite, mine soigneusement toutes
les tentatives d’approche intellectuelle ou religieuse qui consistent,
peu ou prou, à s’approprier le dieu de son choix. Comme Boehme qui
inspira probablement son évolution spirituelle, il considère que la
création est un jeu et que la créature n’est qu’un jouet entre les
mains de Dieu. Cette certitude réduit nos efforts à néant ; il faut
s’abandonner, lâcher prise, rendre les armes et plonger courageusement
dans ce Rien qui s’ouvre sous nos pas maladroits et inconstants... »
Au fond, l’œuvre mystique laisse parfois des doutes sur les
conclusions à en tirer. Plus la fusion en Dieu est grande, plus Dieu
finalement se dissout dans sa fonction transcendante. Il y a dans la
mystique une sorte de panthéisme sous-jacent qui retourne l’œuvre
entière en son propre contraire. Ce à quoi ne s’est jamais trompé
Leibniz (qui rapproche le Voyageur chérubinique de la pensée de Baruch Spinoza), et qui faisait dire à Hegel que Silesius développait un pur panthéisme.
La spéculation intellectuelle ne connait pas ses limites puisque nous l’apprécions avec
notre cerveau et que lui seul fait autorité...quand il est malade, il est dans le déni.
Mon travail avec le psychiatrique me fait toujours considérer le spirituel comme une porte
ouverte sur les décompensations maniacodépressives, ou autre psychoses.
J’observe que sur mon site vous n’avez pas fait preuve d’un grand humour.
Je vous conseille alors d’être plus discret avec vos sentences médiévales
qui me rappellent l’inquisition et les dérives actuelles de l’orient venues.