A voir les situations politiques et sociales dans lesquelles se débattent les pays du sud de l’UE après la destruction programmée de leurs économies, je ne peux m’empêcher de penser à un grand auteur visionnaire du XIXème siècle.
Ce grand écrivain, c’est bien sûr Carlo Collodi, le créateur de « Pinocchio »...
Souvenez vous : Pinocchio est entrainé par son ami...
"-Tu vas où exactement ?
-
Je vais vivre dans le plus beau pays du monde, un vrai
pays de cocagne !
-
Comment s’appelle ce pays ?
-
C’est le Pays des Jouets. Tu ne veux pas venir avec
moi ?
-
Moi ? Certainement pas !
-
Tu as tort, Pinocchio ! Si tu ne viens pas, tu
t’en repentiras, crois-moi. Car où trouver ailleurs un pays aussi idyllique
pour nous autres les enfants ? Il n’y a ni école, ni maîtres, ni livres.
Dans ce pays béni, il n’y a rien à apprendre. Ici, le jeudi est un jour de
congé. Eh bien, dans ce pays, la semaine se compose de six jeudis, plus le
dimanche. Les grandes vacances commencent le Premier de l’An et finissent à la
Saint-Sylvestre. Voilà un pays qui me convient parfaitement ! Tous les
pays civilisés devraient lui ressembler.«
Eh bien, chers agoranautes, nous y sommes tous en ce moment au Pays des jouets !
Nous nous sommes déjà transformés en ânes et nous serons bientôt vendus comme esclaves. C’est ce qui est arrivé au peuple Grec dont les forces vives, la jeunesse diplomée, va se louer à not’ bon maît’ germanique...
»Et le cocher ?
Imaginez un petit bonhomme plus large que haut, mou et onctueux comme une
motte de beurre, au visage comme une pomme de rose, avec une petite bouche
toujours rieuse et une voix douce et caressante comme celle d’un chat cherchant
à s’attirer les bonnes grâces de la maîtresse de maison.
Dés qu’ils le voyaient, tous les enfants étaient séduits et se mettaient à
courir pour monter dans sa charrette qui devait les emmener dans ce pays de
cocagne que les cartes de géographie désignent sous le nom de « Pays des
Jouets ».«
Nos cochers à nous ont tenus à peu près le même discours. Il est bien entendu que nous sommes des enfants puisque nos dirigeants, lorsqu’ils voient leurs politiques un peu contestées, ne jure que par la pédagogie pour nous remettre au pas !
La pédagogie est l’art de guider les enfants.
Nous, les peuples d’Europe, voulions la paix, la concorde, la prospérité...
Mais nous n’avons pas voulu lutter pour ça, il aurait fallu nous battre pour réduire nos ennemis qui ont toujours été les mêmes, ceux qui par intérêts nous ont emmenés dans deux guerres mondiales (je vous suggère la lecture du livre d’Annie Lacroix-Riz »Le choix de la défaite").
Au lieu de nous battre, nous les avons une fois de plus écoutés, enfants naïfs que nous sommes. Ils nous ont promis tout ce que nous voulions, la paix, la prospérité etc... Mais pour cela il nous fallait laisser entièrement libres, plus libres que jamais, les mêmes forces qui nous avaient causé des millions de morts...
Et nous avons accepté ce marché de dupes. Les banques se déchaînent, elles n’ont qu’à se servir, nous sommes des peuples d’ânes.