En plein dans le mille la phrase de Henri Miller affirmant préférer devenir clochard
plutôt que de perdre sa liberté .
Quand nous nous sommes mariés mon épouse et moi on a pris en gérance
une boulangerie pendant trois ans . Après ce laps c ’était ou bien s’ installer
définitivement en achetant un fond de boulangerie , ce qui aurait été une ligne
sûre et toute tracée , en gagnant des sous et regardant pendant 40 ans que
la retraite sonne . Sans surprise ni extravagance autre que le plaisir de fabriquer
sa production.
Pour le fun on a préféré se lancer sur les foires et marchés . Avons connu le
monde des non sédentaires , des manouches et toutes sortes de personnes
que l’ on aurait jamais vu en restant sur place . On a vu une grande partie
des marchés de France , des villages superbes , des endroits de mont-tagne ,
fait la conversation avec des milliers de gens rencontrés dans ce parcours .
Entendu toutes sortes de patois .
Vu des marchés paysans au gras , des éleveurs d’ escargots des vignerons
montant des stands pour la dégustation avec des clients ronds comme des
queues de pelles ajoutant verre après verre des tournées générales ,
appris la technique de la démonstration , vu des fontaines magnifiques ,
des petits vieux que nous voyions d’ année à l’ autre sur les foires et qui
avaient plaisir à discuter avec nous , disparaitre au fur et à mesure vers
d’ autres cieux . Des exposants escrocs qui arnaquaient , exactement comme
dans le restant de la vie , les crédules ou innocents pigeons .
Une vie bien remplie , à tel point qu’ encore maintenant , avec le statut
auto-entrepreneur je fais encore quelques marchés alentour , rien que pour le
plaisir de rencontrer des humains .
Perdre sa liberté c ’est en effet perdre l’ essentiel .
Bien à vous .
Et mort aux imbus
