Bonjour
volt
En
mai 1985 j’étais de l’équipe de la SFP qui réalisait le premier produit en
vidéonumérique dans les sous-sols de la société Thomson à Gennevilliers. Les
techniciens de cette entreprise nous ont montré des éléments qui composaient
les circuits du mélangeur (une grande armoire qui tiendrait aujourd’hui, avec
beaucoup d’autres, dans une clé USB). Il y en avait déjà beaucoup qui portaient
l’inscription « made in China ». Je sais donc très bien que nous
sommes, vous et moi, d’une certaine manière, comme vous dites "made in
China".
Je
sais très bien aussi que la Chine est désormais parmi les pays capitalistes les plus agressifs au monde, mais ce n’est qu’une
illustration de plus de ce que je dis dans mon article : en classant encore
aujourd’hui la Chine parmi les pays communistes, les journalistes disent une
contre-vérité. Il y a à cela une raison principale : il faut maintenir l’idée
reçue selon laquelle le « communisme » est ce système
philosophico-politique brutal, totalitaire, qui interdit la libre expression,
et plus généralement les libertés qui déplaisent aux pouvoirs en place,
c’est-à-dire ce système que je qualifie de "fascisme (avant la lettre)
stalinien".
Mais
ce que je dis aussi, c’est que ce n’est pas forcément volontairement que des
journalistes disent n’importe quoi. Je dis encore que ceux qui le leur font
dire ne sont pas seulement les défenseurs du libéralisme capitaliste dominant
la planète. Je dis que les adversaires superficiels de cet économisme là
mentent aussi, parce qu’ils sont seulement partisans d’un autre économisme tout
aussi désastreux. Et, pire que tout, beaucoup de ces adversaires superficiels qui
se proclament et se croient « révolutionnaires » ne font que prôner une
« bonne haine » et une « bonne violence » à la place de la
violence exercée par le « libéralisme » capitaliste.
Je
ne crois pas pour autant que les moins de quarante ans qui n’ont, comme vous
dites, "pour connaissance de la culture de gauche telle qu’elle était
répandue« que »des miettes, des bribes" soient condamnés à
rester des victimes du langage militant déformateur, même si je crois à la
réalité de ce que vous appelez « l’alimentation réciproque ». Quand je
discute directement avec des filles et des garçons de vingt ans, en étant
réellement à leur écoute et en prenant le temps d’échanger vraiment, je les trouve
tout aussi capables que moi (75 ans) d’échapper au conditionnement.
La
génération la plus égarée me semble être celle qui, entre eux et moi, a
installé ses déformateurs en de nombreux endroits de « formation » de
la jeunesse. Celle-ci, politiquement consciente ou pas, indignée ou pas,
militante ou pas, pourra parfaitement redresser la démarche vers un monde plus
juste et plus solidaire.
Sachons multiplier les lieux de véritable
échange.