Ce qui est fou, vraiment, c’est comment la victime se retrouve coupable d’extrême violence.
Il y a là un saut qui me semble des plus étranges. Avant la vidéo, non vue, qui devrait d’ailleurs être publique, déjà, le jugement était fait.
Car en vérité, ce qui est derrière ces commentaires, c’est la banalité d’une part de la violence des skin qui ne doit pas être critiquée, d’autre part de l’idée que l’autre doit être combattu, non pas sur le plan des idées, mais sur celui de la peur.
Du coup la brutalité devient légitime, lorsqu’elle vient d’un camp, le sien, et les faits (la mort d’un jeune homme), n’ont plus ni valeur, ni pertinence.
la brutalité des propos de cette hyper-droite, l’insulte à un homme mort, la justification de sa mort, voire l’attaque du camp de celui qui est mort, nous fait entrer dans une ère qu je n’aurais jamais voulu connaître, celle du retour de la bête.
Mais c’est aussi révélateur que la démocratie est fragile, et qu’en France, une part de la population n’est profondément pas démocrate.
Mais elle a subit maintes défaites, toujours avec la volonté d’en découdre, de « casser de l’alter », de détruire l’autre, quel qu’il soit.
Il est certain que ceux qui votent FN par désespoir, contre l’Europe, par ras-le bol des politiques corrompus, par l’effet d’angoisse d’une crise qui n’en finit pas, et qui n’ont pas la haine de l’autre ancrée dans leur tête, feraient bien de réfléchir à ce que pourrait être une France sous mandat FN, avec ces têtes brûlées sans retenue parcourant les rues de nos villes à la recherche du vil.
Il n’y a chez eux aucune compassion, aucun égard, aucune remise en cause, seule une haine farouche qu’ils prêtent à l’autre censé mimer leur volonté.
Face à ceux-là, il y a la loi, le jugement, les faits, la république. Il ne faut pas tomber dans leur piège, haine contre haine, mais simplement respecter et faire respecter les lois, et l’évidente interdiction du crime.
Par ailleurs, désolé, mais porter certains signes nazis n’est pas anodin, et l’histoire de l’émergence de ces mouvements en Allemagne dans les années trente, doit nous alerter alors que nous vivons une crise complexe, que des jeunes pourraient vouloir résoudre par des solutions simples qui nous feraient sombrer dans la répétition de la catastrophe.
Non, cela ne me fait pas rire, et l’ironie en la matière est mal venue. C’est avec consternation que je vois AV sombrer dans l’apologie d’une idéologie qu’on pensait avoir définitivement disparu.
Je peux comprendre que l’on soit de droite, Je peux comprendre que l’on soit tenté par le FN, mais là, franchement, je ne peux pas comprendre ces réactions.
Mais il est vrai que l’abysse humain est sans fond.