Bonjour Philippe,
je trouve cette partie moins instructive que la première, qui m’avait beaucoup plu.
Une réponse simple à cette question consiste à dire que « l’absence à
soi » intervient dans la genèse du mal parce qu’elle manifeste un faible
développement de notre sens moral qui a pour principale fonction
d’inhiber nos conduites asociales ou amorales.
Je ne partage pas ce point de vue, car si « l’absence à soi » intervient bien dans la genèse du mal, ce n’est pas sur le plan moral qu’elle agit, mais sur la violence qu’elle engendre, laquelle ne doit pas être prise au sens moral, mais de lutte pour « revenir à soi » .
En effet, ’l’absence à soi« , consiste à placer autrui avant soi même et donc conditionner son action à cet autre qui occupe, est »la présence à soi« .
Donc, »l’absence à soi« entraîne systématiquement une réaction, que l’on pourrait qualifier de ’ »défense immunitaire« contre une agression extérieure.
La seule manière de ne pas rejeter cet intrus, c’est de transformer ’l’absence à soi » en « abandon de soi ». Dans le cas des sectes, c’est cette dernière qui est suscité. Par contre, si cette « absence à soi » est vécu comme un viol de soi, alors elle s’interprète comme « l’être hors de soi » et n’a qu’une seule réponse, la haine envers celui qu’on accuse d’occuper « la présence à soi ».
On se retrouve ainsi avec l’absence à soi« pouvant évoluer de deux manière, »l’être hors de soi« et »l’abandon de soi« . Donc, ’l’absence à soi » dérive soit en haine et violence envers soi et autrui ou bien conduit à la perte de son libre arbitre et de son égo.
Mais je ne crois pas que ce soit déterminant pour distinguer le bien du mal, donc du sens moral. Ce dernier est régit par les lois de réciprocités d’où découle les principes de justices et d’équités et non par les lois de l’empathie proprement dites.
La morale, la justice, l’étique trouvent toutes trois leur
représentation dans la balance, l’équilibre des poids entre deux sujets
distinct mais considérés comme égaux. Le fondement moral repose sur l’égalité. C’est pour
conserver ce principe absolu d’équilibre que l’on va chercher à
différencier les sujets en classes et les hiérarchiser, de telle sorte que n’ayant pas la même valeur, qualité équivalente, il ne peut y avoir réciprocité parfaite mais relative que l’on distinguera par la quantité.
Ainsi, la femme n’était pas reconnu comme l’égal de l’homme suivant des critères de capacité et de force, permettant ainsi d’appliquer une morale distincte entre l’homme et la femme sans pour autant rompre avec le principe absolu de symétrie.
L’émotion, n’agit pas directement sur la morale, mais sur la charité et la pitié qui ne supportent pas en eux même la morale, mais l’empathie. Ainsi, les dames patronnesses affirmaient leur empathie envers les pauvres, mais pas leur moralité qui défendait leur position sociale. La déclaration des droits de l’homme stipule bien que tous les êtres humains son égaux en droits, mais ne reconnait pas qu’ils sont égaux en qualité et capacité. Ce sont ces derniers critères qui justifie une morale donnant la richesse aux uns et pas aux autres. Le communisme viendra contester cette morale, arguant que ce sont les travailleurs qui produisent les richesses par leur sueur.
En fait, cela montre que la morale est déterminé par le principe du « tiers inclus » « tiers exclu ». Le bien et le mal sont donc des notions relatives à ce principe.
En effet, ce qui conditionne la morale, le bien et le mal, c’est l’appartenance ou non au groupe. Nuire à une personne de son groupe est un mal de 1er degré, à une personne extérieure un mal de 2ème degré et à un animal un mal de 3ème degré voir ce n’est pas un mal. Pour considérer de mal de 1er degré nuire à une personne extérieure, exige d’intégrer son propre groupe à l’intérieur d’un groupe supérieur où la personne extérieur à son propre groupe se trouve incluse. Ce qu’on nomme l’universalité de la condition humaine.
La polémique actuelle avec Dieudonné en est un exemple parfait, puisqu’il s’agit de savoir si on peut distinguer le génocide juif de tous les autres moralement ? face à l’universalité de la condition humaine, la réponse est non, aussi, le traitement particulier de la shoah entraîne un déséquilibre moral dont la conséquence est le retour de l’antisémitisme.
La perversité est que cet antisémitisme est utilisé par certains juifs pour justifier leur propre agressivité auprès de leur communauté. Ce qu’on appelle jouer au pompier pyromane !