Bonsoir Jean,
Les
mythes, dans leur course, nous délivrent un message
existentiel et spirituel. Nous en tirons un enseignement mais
sommes mal positionnés dans notre simple humanité pour en modifier
le cheminement.
Si
des poètes et visionnaires, comme Homère, conçurent leur
dramaturgie dans un cadre, un contexte, ce fut sous l’impulsion d’une
inspiration.
Notre
recherche du sens
se fait à partir du théâtre de leur création, nous ne sommes pas
là pour envisager un autre scénario à la destinée de Sisyphe. Il
faut le prendre comme il nous est livré.
C’est
une espèce de pugiliste volontaire, un spartiate. C’est un
guerrier corinthien, jadis, auguste et couronné. Un forgeron d’âme,
Vulcain d’opéra, le regard noble, rivé sur les crêtes. C’est
un olympien, prompt au travail gratuit, pour le plaisir, pour la
beauté de l’effort, pour marquer définitivement sa verticalité
d’homme et son unicité dans le grand cirque de la vie. Pourquoi
voudrais tu qu’il s’immobilisa au sommet de la montagne comme un
poète, un rêveur vénusien ou lunaire ? Sa nature est
martiale. Il incarne le dynamisme, l’initiative. Il est le guerrier
et constitue le fondement de la psyché, sa colonne vertébrale, sa
structure première, sur laquelle toutes les fonctions psychologiques
prennent racine. C’est l’incarnation.
S’il
existe un ordre galactique, il est sensé d’en imaginer dans notre
condition humaine.