@ Chalot
La liberté d’association est l’un des droits les plus fondamentaux de l’être humain. Cette liberté a pour corollaire indiscutable la liberté de ne pas faire partie d’une association.
Or, tu dis dans ton article, je te cite : « la gestion est de plus en plus difficile et souvent les associations locales doivent beaucoup faire pour obtenir « trois sous » de subventions. »
Lorsque l’Etat ou une collectivité locale subventionne une association, c’est en réalité qu’elle lève un impôt pour faire fonctionner cette association, et donc qu’elle transforme chaque citoyen du pays ou de la collectivité local en cotisant obligatoire de cette association, c’est à dire qu’elle le transforme en membre de l’association en question, sans d’ailleurs lui donner de pouvoir décisionnaire ( un citoyen payant un impôt pour financer une association ne fait pas pour autant légalement partie de ses membres, et n’a donc aucun pouvoir décisionnaire quant aux activités de ladite association, tout en en étant de facto un membre cotisant ).
Donc, subventionner une association, c’est priver le citoyen de cette liberté fondamentale qui est celle de ne pas faire partie d’une association.
Par ailleurs, c’est contraire à l’esprit de l’impôt tel qu’il est défini par la déclaration de 1789 dans son article XIII , je cite :« Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés. »
Le financement d’une association n’est ni une dépense d’administration, ni une dépense d’entretien de la force publique. Elle n’a donc pas à être financée par le citoyen contribuable !
Certes, si de nombreuses associations accomplissent des tâches utiles, il n’en reste pas moins que une proportion non négligeable des « associations sans but lucratif », sont, dans la réalité, devenues des « associations lucratives sans but » ( ou bien avec des buts tout à fait étrangers à leur raison sociale déclarée ).
Je soutiens donc l’idée selon laquelle le principe de l’article 2 de la loi de 1905, qui stipule que « La République ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte » devrait être législativement étendu aux associations : « la République ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucune association ». Certes, aucune association ne pourrait plus se prétendre « d’utilité publique », mais c’est le prix à payer pour la liberté du citoyen.
Une dernière remarque sur ton titre « les associations, moteur de la transformation sociale » : peut-être, mais toutes les associations veulent-elles transformer la société dans le même sens ? Je suppose que tu seras d’accord avec le fait que ceux des citoyens qui ne souhaitent pas transformer la société ( c’est leur droit le plus strict ) n’ont aucune raison de devoir payer pour des associations qui ont pour objectif de la transformer.
Fais une expérience de pensée en imaginant que ton maire soit un maire de droite et qu’il décide de subventionner une association dont la raison sociale serait de faciliter l’expulsion par les propriétaires des locataires mauvais payeurs. Mon petit doigt me dit que tu ne serais pas trop d’accord pour payer des impôts pour la financer, et tu aurais raison ! Mais d’un autre côté, tu serais en pleine contradiction, non ?....