"Vladimir Poutine – Vous savez, il vaut mieux de ne pas trop se chamailler avec une femme.
[sourire - à 13’55] Et Mme Clinton, même auparavant, ne se distinguait
pas par une exceptionnelle élégance de ses propos. Mais ce n’est pas
très grave, nous nous rencontrions quand même lors des différents
évènements internationaux après [ses propos] et avions de paisibles
conversations. Et je pense que même dans ce cas-ci, il serait possible
de s’entendre. Mais lorsque les gens franchissent certaines frontières –
les frontières de la bienséance -, cela démontre non pas leur force,
mais leur faiblesse. Mais après tout, [geste d’ indulgence avec ses
épaules], pour une femme, la faiblesse, ce n’est pas le plus mauvais des
défauts [sourire]
[Note OB : TF1 traduit par "Il est préférable de ne pas
débattre avec un femme« , la presse à repris »préférable de ne pas
discuter avec une femme". Le principe premier d’un traducteur est
normalement de ne pas manipuler la pensée originale. Poutine emploie le
terme “спорить” (sporit) qui a les sens différents
de « discuter », « débattre », « contester », « contredire », « chicaner », "se
disputer« , »se chamailler". Il faut donc bien comprendre ce qu’il
disait... Dans la version anglaise du Kremlin, il est retenu « argue »,
qui de même signifie « argumenter » et « se disputer ». Il faut savoir qu’il
y a un proverbe russe qui dit : "Il ne faut jamais contredire une
femme, l’homme est la tête pensante, mais la femme est son cou, elle
vous tournera là où elle le veut". Il fait allusion à ceci. Je rappelle
qu’en France on a le dicton « ce que femme veut, Dieu le veut »
Donc Mme Clinton, ancienne chef de la Diplomatie américaine et
candidate à la succession d’Obama, a la débilité crasse de comparer à
Hitler le chef d’État du pays qui a battu Hitler, au prix de 25 millions
de morts (ce qu’elle ne ferait pas du Premier Ministre israélien,
j’imagine). Poutine aurait dû protester avec véhémence à ce stade (le
terme « grosse conne » aurait été approprié à mon sens, mais il a dû
hésiter...), mais il a choisi une pirouette d’humour russe.
Comme il semble assez logique (si, si, réfléchissez) de penser qu’il
ne pense pas vraiment qu’il ne faut pas discuter avec les femmes (je
rappelle que le Sénat Russe est présidé par une femme - Valentina Matvienko
- prévoir un délai pour la France...), il est clair qu’il fait une
boutade, et que « chamailler » est le bon terme... Que le traducteur se
trompe sur le moment, cela se comprend, mais comme l’interview était
enregistrée, cette erreur aurait du être corrigé, car il est évident que
cette petite phrase ferait réagir... Ce qui n’a pas manqué, les médias
s’étant jeté dessus comme la vérole sur le bas-clergé... Mission
accomplie, on n’a presque pas parlé de ses propos - cf Libération ou ci-après... Notons que France Télévision emploie « se disputer », ce qui est bien plus correct...]"
Sur le site d’Olivier Berruyer, qu’on ne saurait trop vous conseiller de consulter :
http://www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/