à l’auteur.
J’ai tellement horreur des images
illustrant les articles (le « choc des photos », comme
dit Paris Match) que je n’avais même pas vu celle qui est en haut de
l’article.
« Il y a beaucoup de causes pour
lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je
suis prêt à tuer », dit le pacifiste Gandhi.
On trouvera sur un site pacifiste la
traduction d’une lettre de 1941 adressée par le mahatma Gandhi à
son « cher ami » Adolf Hitler.
http://regard-positif.xooit.com/t761.htm
« On pourrait être tenté de
crier à la naïveté ou à la folie », dit le texte de
présentation, qui repousse bien évidemment un jugement aussi
péremptoire pour esquisser aussitôt une défense qui, pour le coup, fait tout aussi bien crier à la naïveté et à la folie quiconque dispose d’un minimum de jugement.
« Nous ne doutons pas de votre
courage et de votre amour pour votre patrie et nous ne croyons pas
que vous soyez le monstre décrit par vos adversaires », écrit l’apôtre du pacifisme à son « cher » Adolf. Depuis, les historiens on eu quand même le temps de
dresser le bilan du IIIe Reich et on pourra juger par là de
l’extrême sagacité du bonhomme dans l’ordre de la pensée
politique.
Il s’en trouvera un certain nombre ici
qui écriraient volontiers la même lettre à Abou Bakr al-Baghdadi,
leur nouveau Calife, n’hésitant pas, dans l’espoir de l’amadouer, à
l’appeler leur « cher ami » et à faire l’impasse sur les
premières exactions qui, si on n’y met un terme, seront suivies de
beaucoup d’autres, tout comme en 1941.
Si on suit la maxime du sinistre crétin
en haut de l’article, mieux vaut laisser s’exercer la violence
partout où elle surgit, dût-on en crever : ceux qui survivront
en tireront des leçons pour l’avenir et, comme le dit la petite
chanson :
Si tous les gars du monde
Devenaient
de bons copains
Et marchaient la main dans la main
Le bonheur
serait pour demain
Le malheur, c’est que les génocides du
XXe siècle n’auront pas changé grand chose à la marche du monde.
Aucune leçon ne paraît pour lors en avoir été tirée. Si on suit
la leçon du fakir indien, un peu simplifiée dans cet article, que faut-il faire ? Laisser
probablement massacrer les minorités kurdes. Laisser les fanatiques
de l’EIIL pénétrer en ce moment en Jordanie pour y exercer leurs méfaits et y
renverser le pouvoir en place. Surtout ne pas tirer sur eux à la
frontière, plutôt se laisser massacrer : quand ils seront
fatigués d’égorger, ils finiront bien par s’arrêter. « Quand
j’aurai tué tout le monde, je partirai » dit à peu près Ubu
devenu roi (je cite de mémoire) dans la pièce d’Alfred Jarry, l’un grand
précurseurs du surréalisme.