Bonjour Krokodilo
Merci pour avoir porté à notre connaissance cette étude suisse.
Il y a un fait que ne parviennent pas à admettre les inconditionnels de l’enseignement des langues en primaire : 100% des jeunes français auront à utiliser le français dans leur vie professionnelle, et seulement 5 % auront besoin de connaître une langue étrangère. En tant que médecin d’une capitale régionale, je consulte en anglais en moyenne une fois par jour, par contre mes confrères de campagne peuvent passer toute leur vie professionnelle sans avoir à l’utiliser. Ceci est le cas de la plupart des ouvriers, employés, commerçants,, boutiquiers,charcutiers, boulangers, professions libérales et autres( sans parler des chômeurs ). N’utilisent les langues étrangères que les personnes ayant des professions commerciales supérieures et des professions en rapport avec le tourisme ( du bistrotier parisien au voyagiste et au pilote d’avion )
Or on constate quotidiennement le désastreux défaut de maîtrise de la langue française par des lycéens et collégiens, non seulement à l’écrit, mais aussi à l’oral ( en particulier un défaut grave de maîtrise de la phonétique, avec confusion de plus en plus grande des sons « â » et « a », « é » et « è et »ô« et »o« , et la généralisation d’énormités linguistiques du genre »nous on est ...« , voire pire )
Malheureusement, ce niveau insuffisant en français commence à se voir chez certains instituteurs, qui deviennent de fait bien en peine d’enseigner à leurs élèves ce qui devrait être la matière la plus importante.
Lorsque j’étais à l’école primaire ( avant 1968 ), il n’y avait aucun cour de langue étrangère en primaire. Au collège, on apprenait l’anglais et le latin de la sixième à la troisième , et l’allemand de la quatrième à la troisième. A l’école primaire, on avait, chaque semaine, trois heures de cours de vocabulaire, trois heures de grammaire et trois heures »d’analyse logique« des phrases.
A cette époque, on ne passait pas en sixième si l’on n’était pas capable de conjuguer à l’imparfait du subjonctif des verbes tels que »absoudre« , »feindre« etc... ( on n’entrait pas non plus en sixième si l’on n’était pas capable de faire une division du genre » 0,0033 divisé par 0,25« ! ).
En sachant parfaitement la grammaire de notre langue maternelle, il nous était très simple de comprendre la grammaire de langues à déclinaisons, telles que le latin ou l’allemand. Quant à la phonétique correcte de l’anglais, il n’existe que trois moyens de l’acquérir : le séjour dans un pays anglophone, l’écoute de la BBC ou de CNN, et regarder souvent des films en VO.
J’ai été frappé par mes vacances cet été au nord de l’Espagne ( Pays Basque, Cantabrie et Asturies)
Même dans les zones touristiques, quasiment personne ne parle le moindre mot d’une quelconque langue étrangère, y compris dans les bureaux d’information touristique ou seul l’espagnol est parlé
( Les seules exceptions furent une serveuse de restaurant à Cangas de Onis et un patron d’hôtel à Getaria, qui maîtrisaient le français ) . Je n’ai vu aucun Espagnol sachant parler le moindre mot d’anglais ! J’ai donc bien été obligé de me mettre à l’espagnol, dont je ne baragouinais que quelques mots avant ce voyage (une dizaine de lessons d’Assimil faites dix ans auparavant ). Au début de mon séjour, je ne comprenais pas grand chose aux actualités télévisées, à la fin, je parvenais à en saisir l’essentiel et à comprendre ce que les gens me disaient. Je parie que je n’aurais pas fait mieux si j’avais étudié cinq ans l’espagnol au collège et au lycée !
Les amateurs de langues régionales seront déçus : la langue basque n’est quasiment plus parlée dans la rue au Pays basque espagnol, on ne l’entend que dans une chaîne sportive essentiellement consacrée à la pelote basque et dans une chaîne TV régionale. Mais le seul endroit ou j’ai entendu du basque parlé par quelques vieux dans la rue, c’est dans la ville de Zumaia, proche de la frontière française. Ceci contraste avec l’omniprésence de la signalisation routière en basque, qui n’est pas sans provoquer quelque perplexité à l’utilisateur de GPS. Il y a aussi les guichets automatiques en basque , mais je vois mal l’intérêt de remplacer »tarjeta de credito« par »tarxeita de kredito" ( ou quelque chose comme ça ! ). Dans les musées, les explications sont en basque traduit à côté en espagnol, et parfois en anglais. Personne ne regarde les inscriptions en basque !