Valeryi Korovine a fournit une analyse « à chaud » des négociations qui
se terminaient à Minsk. Voici ce texte qui surprend, par le contrepied
total qu’il propose. :
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TREIZE HEURES DE NÉGOCIATION POUR RIEN
Après treize heures de négociation, on
en était encore à rechercher une forme de mécanisme qui garantirait
l’observation de n’importe quelle, vraiment n’importe quelle, partie des
accords. Le contenu des accords ne sera pas l’essentiel. L’essentiel
sera qui va répondre de l’exécution des accords. Personne ! Treize
heures furent nécessaires pour comprendre que personne ne garantira le
respect de l’accord, et si les dirigeants européens le signent, on en
arrivera exactement comme sous Yanoukovich, à un maïdan. Ils
ressembleront à de pâles idiots incapables d’accomplir rien de ce qui
aura été convenu. C’est pourquoi il s’agit d’un problème systémique, et
ici, malgré toutes les adjurations des dirigeants européens clamant que
le problème ne peut être résolu par la guerre, je suis convaincu du
contraire. Ce problème ne peut être résolu que par la guerre, dans le
cadre de laquelle l’Ukraine devra être nettoyée des représentants de la
junte et des « bataillons de punisseurs » qui massacrent les populations
innocentes.
AUCUNE PARTIE N’EST GARANTE DE L’ACCORD DE MINSK 2 !!!!
Personne ne se portera garant du respect
de ces accords, alors que le sens de la rencontre était d’essayer de
trouver un moyen d’amener Kiev à les exécuter. Il aura fallu treize
heures pour comprendre que ce n’était pas possible. Kiev n’est ni sujet,
ni partie avec laquelle il serait possible de s’accorder quant au
respect de ces accords. De ce point de vue le précédent format des
négociations était plus proche de la réalité. Ne serait-ce que parce
qu’y participaient directement des commandants immédiats, capables de
transmettre des ordres concrets à des unités spécifiques, de faire
reculer ses forces ou d’ordonner un cesser-le-feu. Mais au plus le
niveau de représentation est élevé au moins les parties sont en mesure
d’agir concrètement.Cela signifie qu’il faudrait aujourd’hui dialoguer
avec les commandants du terrain chez les insurgés des républiques de
Donetsk et Lougansk, avec les commandants des bataillons punitif, avec
les oligarques ukrainiens qui s’entre-déchirent autour des restes
refroidis d’un État défunt.Il est nécessaire de baisser le niveau des
négociations le plus bas possible pour pouvoir trouver quelqu’un qui
accepte la responsabilité de répondre du respect des accords. Au plus le
niveau est élevé, au moins les accords seront réellement mis en œuvre.
Les pourparlers de Minsk représentent un
effort tout à fait futile. C’est la raison pour laquelle Obama a réagi
aussi calmement à la demande de Merkel de lui donner la chance de régler
la situation de façon pacifique. Bénéficiant des données de ses
services de renseignements, installés au centre de Kiev, dans l’immeuble
du SBU, il est en mesure de comprendre qu’il n’y a là aucun État,
c’est-à-dire qu’il n’existe personne qui puisse être garant de
l’exécution de l’accord, aucun mécanisme qui puisse répondre de
l’accomplissement de ce qui est convenu. Tout se déroule selon le plan
américain : déstabilisation et dysfonctionnement de l’État, en le
privant de toute stabilité, et création d’un mal de tête maximum pour la
Russie et l’Europe. Ce qui les tient séparés, les empêchant de
construire quelque stratégie que ce soit, ni l’un ou l’autre modèle de
coopération. Voilà le plan américain, et il se déroule avec grand
succès.
POROCHENKO EST UNE MARIONNETTE DE WASHINGTON
Porochenko est l’esclave de Washington.
Il est complètement étranger à lui-même, c’est un pur produit de la
politique extérieure de Washington. Il téléphone toutes les dix minutes,
(ce qui l’a obligé à quitter régulièrement la table de négociation, et
que les correspondants de presse ont répercuté) afin de demander au
Département d’État et à la CIA ce qu’il doit dire, ce qu’il ne doit pas
dire, ce à quoi il peut s’engager et ce à quoi il ne peut pas. Bien sûr,
à Washington, on lui a dit « promets tout ce que tu veux, mais après ils
te pendront ».
Les États-Unis comprennent que ces
négociations sont une perte de temps. Merkel la naïve et Hollande le
romantique s’imaginent qu’avec les négociations, ils ont arrêté l’envoi
d’armes américaines en Europe, qui déstabilisent complètement celle-ci.
Obama comprend très bien que tout cela c’est un vain effort. C’est
pourquoi il n’est pas ici. Pourquoi ? Les agents de la CIA s’y trouvent
et règlent tout ce qui se passe."
Valeryi Korovine
(un politologue et journaliste russe.
Il est directeur du centre d’expertise géopolitique, directeur adjoint
du centre de recherches conservatrices de la faculté de sociologie de l’université de Moscou,)
En résumé, .La question de l’Ukraine ne peut être résolue que si les représentants de la
junte et les « bataillons de punisseurs » qui massacrent les populations
innocentes sont nettoyés.