L’inévitable chemin de Damas repasse par le début des événements, les causes expliquant les conséquences, au moins en bonne partie.
Avant les premières manifestations, c’est Alain Juppé qui est au Quai d’Orsay, depuis peu.
Le
27 février 2011, il est nommé ministre des Affaires étrangères et
européennes et remplace Michèle Alliot-Marie, démissionnaire. En
novembre 2011, il avance que les jours du régime syrien « sont
comptés ».
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Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie
.
Un
haut fonctionnaire français a invité , le 19 mars 2012, des
journalistes arabes basés à Paris pour leur révéler la bataille qui se
livre actuellement au sein du gouvernement français en général et du
Quai d’Orsay en particulier à propos de la Syrie.
Selon cette personnalité, l’ambassadeur de France à Damas, Éric
Chevallier, dont l’ambassade vient d’être fermée et qui est rentré à
Paris, a pris à partie son ministre devant ses collègues. Il a accusé
Alain Juppé de ne pas avoir tenu compte de ses rapports et d’avoir
falsifié les synthèses pour provoquer une guerre contre la Syrie.
Au début des événements, en mars 2011, le Quai avait dépêché des
enquêteurs à Deraa pour savoir ce qui s’y passait. Leur rapport,
transmis à Paris, indiquait qu’après quelques manifestations, la tension
était retombée, en contradiction avec les reportages d’Al-Jazeera et de
France24 qui indiquaient à l’inverse que la ville était à feu et à
sang. L’ambassadeur demanda la prolongation de la mission pour suivre l’évolution des événements. Furieux
de ce premier rapport, le ministre des Affaires étrangères lui
téléphona pour exiger qu’il le modifie et fasse état d’une répression
sanglante. L’ambassadeur plaça alors le chef de mission à Deraa en
conférence téléphonique avec le ministre pour lui redire qu’il n’y avait
pas de répression sanglante. Le ministre menaça l’ambassadeur et la conversation se termina de manière glaciale.
Immédiatement après, le cabinet d’Alain Juppé fit pression sur
l’AFP pour qu’elle publie des dépêches mensongères confortant la vision
du ministre.
Durant les mois qui suivirent, les incidents opposant Éric Chevallier
et Alain Juppé ne cessèrent de se multiplier, jusqu’à l’affaire des
otages iraniens et la mort du « journaliste » Gilles Jacquier. À cette
occasion, l’ambassadeur reçu l’ordre d’exfiltrer les agents de la DGSE
travaillant sous couverture de presse. Il réalisa l’importance de
l’action secrète entreprise par Alain Juppé [1].
Ancien ministre de la Défense, Alain Juppé a semble t-il conservé de
solides amitiés au sein des services militaires dont certains agents lui
restent dévoués.
La même source assure que des rapports de l’ambassadeur auraient
été négligés ou falsifiés et que celui-ci, pour étayer ses dires, aurait
fait parvenir au Quai des rapports d’homologues européens attestant
tous que la Syrie n’est pas confrontée à un cycle de
manifestations/répression, mais à une déstabilisation par des groupes
armés venus de l’étranger. À son arrivée à Paris, Éric Chevallier aurait
demandé une enquête administrative interne pour confondre son propre
ministre.
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http://www.voltairenet.org/article1...