Armelle n’a rien contre
les mafias capitalistes mondialisées. Elle pense que ces mafias ne
nous dominent pas, ne nous exploitent pas, ne nous manipulent pas, ne
nous tuent pas. Concernant cette horrible catastrophe, tout ce que
les médias nous déversent dessus est « factuel », selon
elle. Le copilote était fou, il s’est suicidé en compagnie, point
final. L’affaire est close, circulez ! C’est « factuel »
et c’est vrai puisque Bild, Paris-Match et le New-York
Times le disent. Ah ! Mais !
Le procureur de Marseille
dit qu’aucun téléphone portable trouvé sur les lieux du sinistre
n’a encore été examiné, mais Bild et Paris-Match ont
« vu » et « écouté » (disent-ils) une vidéo
filmée dans l’avion au moment du crash, vidéo dans laquelle on
entend (disent-ils) des coups frappés à la porte du cockpit. Tout
se tient. Ça, pour
Armelle, ce n’est pas une bidouille, c’est « factuel ».
Elle y croit. Un enquêteur malhonnête aurait donc soustrait des
pièces de la procédure d’enquête la plus surveillée du moment,
pour les remettre subrepticement à des journalistes bien introduits,
et tellement fiables... Admirable. Armelle ne peut qu’applaudir.
Ainsi, elle connaît de mieux en mieux la vérité. Armelle fait
confiance au système. Le copilote était suicidaire. Factuel, vous dis-je. Même quand les pilotes ont lancé un appel de détresse, l’un d’eux était déjà entré en crise de folie. Evident, voyons...
Dormez braves gens, ce monde de la marchandise et de l’argent-roi vous veut du bien.