Comparer l’avoir des plus riches au dénuement
des plus pauvres, c’est omettre que le progrès aidant, la richesse
des uns est constituée d’actifs dont les autres tirent leurs
revenus, aussi faibles soient-ils. Ce sont ces avoirs – ce fameux
Capital – qui financent les outils de l’économie, laquelle est
source d’emploi et de rémunération pour tous ceux qui participent à
l’accroissement de la richesse globale de la société. Ramener ce
mécanisme à une comparaison de richesses n’a aucun sens, sinon
une agitation préjudiciable à tous, à commencer par les plus
démunis, dont elle transforme la légitime aspiration au bien être,
en soif d’un égalitarisme sommaire et sans issue.
Richesse et pauvreté
sont des conditions relatives, et en cela l’essence même de toute
inégalité – non limitativement d’ordre matériel
d’ailleurs–. La pauvreté existe par la richesse et réciproquement,
instrumentalisée par les uns, combattue par les autres ;
compensée dans une mesure toujours insatisfaisante, que ce soit par
la solidarité ou par par la loi. Avec ou sans capital, la pauvreté
est une fatalité liée à la structure incontournablement pyramidale
de notre société et à notre démographie. Par le sort qui le fait
naître dans une condition plutôt que dans une autre, chacun est, à
sa naissance, le riche ou le pauvre de plus pauvre ou de plus riche
que soi, quelle
que soit l’évolution de sa condition par la suite.
Ce qui n’est pas une
fatalité par contre est la misère profonde dans une société
d’abondance, et le nombre toujours croissant de ceux qui en
souffrent, laissés pour compte du progrès.
Ä population
constante, un tassement de la pyramide sociale, en réduisant l’écart
entre son sommet et sa base entraîne un élargissement de cette
dernière, (augmentation de la pauvreté), alors que l’accroissement
de cet écart, tel qu’il résulte d’une étirement de la pyramide
vers le haut (enrichissement général), a l’effet inverse. De
même, quand la pyramide sociale se développe en volume du fait de
l’augmentation de sa population, le supplément d’activité de
celle-ci accroît la richesse globale de la société, avec pour
conséquence d’éloigner son sommet de sa base, et pour effet
l’accroissement de l’écart entre richesse et pauvreté. Ces deux
observations révèlent qu’à une augmentation de l’écart entre
richesse et pauvreté correspond une réduction de la pauvreté et
inversement, sans modifier les inégalités autrement que dans leurs
proportions. En d’autre termes, l’augmentation de richesse
collective réduit la pauvreté et sa diminution l’augmente. La
Palice n’aurait pas dit mieux mais aurait pu ajouter que le partage
des richesses est une tout autre affaire.
Plutôt que de nous
obstiner, à la manière de la mouche qui se heurte contre la vitre
qu’elle ne voit pas, à la poursuite d’une utopique suppression des
inégalités, nous devons donc être conscients que notre seule
possibilité est de les réduire par une population moindre –
régulation des taux de natalité à l’échelle planétaire, par
l’éducation notamment – et un choix entre plus de riches et moins
de pauvres, ou moins de riches mais davantage de pauvres.
Pour approfondir cette
réaction, voir :
http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com