@doctorix
Merci pour ce second degré plein d’humour !
Il y a une irritation contre les toubibs dans mon propos, mais pas d’aversion. De plus, la partie essentielle de cet article est celle concernant justement les sournoises et multiples actions pour foutre en l’air un pilier essentiel de notre république : la Sécu.
.../... Un autre de leurs griefs : être à la merci des mutuelles. Ce qui
n’est pas faux et recevable. Et tient, coucou, le revoilou ! L’une des
plus redoutables des mutuelles - Malakoff Médéric – dont le patron est…
Guillaume Sarkozy, oui, monsieur frérot prétend « contrôler les gestes médicaux », « accéder aux données individuelles des assurés », « adapter les cotisations aux comportements individuels des assurés ». Mais
il n’y a rien, dans la loi Touraine, qui conforte ces prétentions de
mutuelles quoi ont depuis longtemps perdus leur vocation d’économie
« sociale et solidaire » et qui ne jurent plus que par le fric. Elles
sont les armes les plus dangereuses oeuvrant pour ce dessein de toujours
des assureurs et financiers privés : la mise à mort de la Sécu et son
remplacement par les assurances privés. Et la gauche au pouvoir (? ?!!)
n’est pas la dernière à participer à ce dépècement de l’un des fleurons
de notre modèle social. Le plan massif d’allègement des cotisations
sociales (plus de cotisation sociales employeurs pour le smic et
rabotage significatif jusqu’à 1,6 smic, etc.) sans qu’un financement ne
soit trouvé est significatif de cette collusion de « J’aime
l’entreprise » avec le Medef.
La tactique pour la mise à mort de la Sécu ? On ruine celle-ci (qui
pourtant arrive à baisser son déficit !) de façon à la déconsidérer
vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce
déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments,
voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le
résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les
assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant
à s’appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer
la Sécurité sociale. C’est de l’action psychologique destiné à préparer
les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l’abandon
progressif de la Sécu.
Dans cette stratégie, il est des dispositions qui sont présentés
comme des « avancées sociales » et qui sont tout le contraire. C’est le
cas de l’Accord national interprofessionnel (ANI) qui rendra
obligatoire, à dater du 1er janvier 2016, l’adhésion des salariés à une
assurance complémentaire santé d’entreprise. Mumm ! La bonne soupe pour
les assurances privées, au détriment de la protection sociale
collective ! Un énorme gâteau.
Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des
contrats collectifs d’entreprise gérés, évidemment, par les assurances
privées. Le Conseil constitutionnel a en effet imposé qu’en absence
d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit
choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les
petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée
sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture
différera d’une entreprise à l’autre. Il va de soi que les employeurs
opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès
lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un
complémentaire supplémentaire ! Au fou ! Mais tout ça, on ne vous le
dit pas dans les merdias aux ordres...
Oui mais alors, on fait quoi ? On rend toutes ses prérogatives à la
Sécurité sociale. A défaut d’un remboursement à 100 % - ce qui devrait
être pourtant la norme – il suffit de créer, au sein de la Sécu, un
département d’assurance volontaire, couvrant le remboursement de ce qui
ne serait pas pris en compte par la Sécu principale. Avec évidemment,
pour l’assuré, le versement volontaire d’une cotisation qui, de toute
façon, serait bien moins chère que celle des assurances
« complémentaires » privées, mutuelles ou non. Et, surtout, supprimer
toutes les exonérations de cotisations car, si les entreprises ont de
l’argent pour payer des complémentaires d’entreprise, pourquoi n’en
auraient-elle pas pour payer des cotisations à la Sécu ?
Dès lors, les craintes des toubibs de ne pas être payés, de devoir
faire un travail administratif parasitaire dans la jungle des quelques
400 organismes d’assurances complémentaires."
Et bravo, cher Doctorix, pour votre pugnacité !